03 mai 2009

My sweet nightmare xxx

Cette nuit j'ai croisé des ombres fardées comme des putains.

Des relans d'aujourd'hui des lamelles d'un destin.

Je n'ai pas su

pas pu

pas lu

pas regretté

pas cru.

 

J'en ai rêvé longtemps

De ces fumées sans fond de teint

Sans coeur au creux

Sans crise au loin.

Pas touché

Pas écrit

Pas noté

Les traces rouges sur les deux côtés.

 

23 décembre 2008

My sweet nightmare V

Chacune de mes dents

Reluisait du sang

De fantomes, de qui?

d'absents.

 

Le goût du néant dans la bouche

J'avançais sans foi vers la douleur souche

Celle qui me rongeait le ventre

De sa sonorité puante.

 

Ma nuit sur le mont chauve

Pensais-je

Sorcières, flammes encore chaudes

ou sortilèges.

 

Un violon dérapait sur le fil

Des parques et c'était

La médolie sénile

D'une nuit hantée.

 

Des images défilaient

Dans les buissons les plus ardents

Pans, des mages, des fées

Dansaient sur le rythme épuisant.

 

C'était la cour du roi d'enfer

Mais je ne savais pas alors

Vers quel démiurge, quel père

Me menait ce cortège mort.

 

Y avait-il un maître derrière la scène

Voulant de moi plus que ma vie

Plus que l'effroi

Voulant voir dans mes yeux l'onde jolie

De la frayeur tout en éclat?

 

Je l'ignorais, je ne marchais plus

Déjà.

Je m'avançais sur un talus

Froid.

 

La mort m'appelait de sa voix

De friture et de moisi

D'un chant suant des bois

D'un air sans poésie.

 

01 octobre 2008

My sweet nightmare IV

C'était la nuit encore

Et le gel engluait mon sommeil.

Il faisait pousser ça et là des visions de fin du monde

De vies ratées, visages immondes, de femmes trompées.

 

Les arbres se penchaient comme des voisins indiscrets

Sur des visages pâles qui tout bas murmuraient

Que le temps est sale, le temps est sale au-dela du marais

Que nos jours sont crasseux et nos amours maquillées.

 

La pénombre avalait tous les cieux

Et recrachait par moments des nuages capricieux

Des restes de l'antan où les âmes fleurissaient

Sur les balcons des gens disparus à jamais.

 

Une muse, ou était-ce une gorgone

Me tendait la main derrière un voile en satin

Mais c'était mon coeur au sein de sa paume

Etouffant, presque mort, sans son sang,

Sans mon dôme.

 

Des cris perçaient par à-coups insistants

La mince paroi qui me protégéait des titans

Je succombai, il me semble, sur un grand disque en verre

Je succombai, tremblante,

Défigurée par l'enfer.