05 juillet 2009

L'absent le temps latent.

La route est vide

Le chemin est long

L'attente insipide

Le résultat abscons.

 

Je marche trop lentement

En t'attendant

Je m'attarde à tatons

Et le temps est trop long.

 

Je me perds dans des tissus

De chimères déçues

Je m'éviscère de ces vices

Que l'on me sert crus.

 

Je suis sur un plateau de jeu

Dont je reste le pion

Je m'éloigne, je disparaîs un peu

Et m'enlève sans rançon.

 

Je me bats contre une horloge en verre

Qui me pique ou bien est-ce Lucifer

Mon armure est en eau je le crois

Et en larmes et en terre et en

désarroi.

 

Je me déserte je me quitte

Me reproche ma faillite.

Je m'insurge sans surgir

Et m'assagis sans désir.

 

J'attends, creuse et livide

Qu'on lève le drap sur mon néant

Que tu m'arraches enfin du vide,

D'un monde dont tu restes

l'Absent.

26 juin 2009

-Neda-

Neda, le monde t'a vue mourir

Sur un sol gris et froid

Sous une balle en martyre

Dans une rue loin de là.

 

Neda, ton visage sur chaque écran

Ta mort, ta mort, tes yeux béants

Tournés vers l'Hors du Temps,

Ta mort, ta mort, à Téhéran.

 

Et parce que l'on connait ton nom

Neda

Nous pleurons pour toi

Et pour ta vie

Brisée en éclat.

 

Et parce que l'on connaît ton nom

Neda

Nous t'aimons un peu

Et souffrons beaucoup

Pour toutes les vies qui partent avec toi.

 

 

20 juin 2009

A mer

Qu'avons-nous à retenir de notre passage?

Si ce n'est la nausée, le mal de mer

Et la peur du naufrage.


 

Car mon navire bringuebale

Mon poisson d'eau de mer

Ma carlingue s'emballe

Et la tasse est amère.

 

 

A mer, sous terre

Qu'en sais-je?

Et que taire?

 

A flot, soufflons

Sourions matelots

De nos jurons.

 

Qu'avons nous à retenir de cette vie?

Si ce n'est la vague,

Fatale et flétrie

Qui t'emporte au large.

 

Car mon voyage s'entâche

De mille absences

Et je n'ai plus de bagage

Et je n'ai plus

d'Espérance.

 

A mer, a genoux

Les hommes-clou

Tapés sur le chef

Comme des crevettes sèches

 

A terre, attéré par l'hiver

Asséché par la pluie

 

Nous qui étions hier

A l'aube de nos vies

...

17 juin 2009

Extrait

Voici un extrait d'un truc que je suis en train d'écrire (ce qui explique mon absence, en plus des examens!). Dites moi ce que vous en pensez, ça me fera plaisir!! à bientôt!    =nini=

 

 

Personne. La vieille n'est pas là.

La radio bredouille du Brel.

Ces gens là.

 

Un homme est penché sur le bar. Vieux, crasseux, ivrogne. Il y en a un dans chaque ginguette de chaque plage.

 

Derrière moi, la mer n'a de cesse de chanter son éclat. Elle se mire dans le soleil qui la reflète en une myriade de petits astres. Elle berce Brel et Brel aboie.

 

« Bonjour. »

 

Ce n'est pas la vieille. C'est une fille. Rousse, à moitié jeune, triste. Elle est derrière le comptoir, si minuscule que je ne la vois presque pas. Puis elle vient devant moi.

 

Elle n'est pas si petite.

 

Elle attend quelque chose de moi. Qu'attend-on d'un jeune homme dans une guinguette...

 

« Une bière. »

 

Je n'ai trouvé que ça.

Je n'aime pas la bière. C'est amer.

 

Elle retourne au comptoir et ouvre le frigo sans dire un mot. Elle le contemple pendant d'entières minutes. Je pense qu'elle a oublié ce qu'elle voulait. Elle me fixe, et fronce ses sourcils couleur cuir.

 

Puis saisit la bière dans un battement d'aile.

La bière s'écrase sur le comptoir en bois. L'ivrogne sursaute.

Je ne la remercie pas, je ne sais pas pourquoi.

 

Elle me regarde et s'en va.

Elle a disparu, et je ne sais pas où. Je n'ai rien vu. Je me tourne vers l'ivrogne.

 

Il s'en fout, c'est un ivrogne.

L'ivrogne des ginguettes ne se met jamais à vous taper la causette.

Ou si. Et c'est incompréhensible et bête.

 

Je me trouve idiot. Pas drôle. Salaud.

Ici, dans la guinguette de la vieille, juste pour savoir si elle a fini par crever, à boire une bière en solitaire.

 

Je pense à mon père. Je lui ressemble à cet instant. Désespérément.

 

 

 

 

14 juin 2009

Le retour à l'Abbaye

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Il a fallu être capable

De revenir au moins regrettable,

Au meilleur, à l'immuable.


Il a fallu ne pas tiquer

Devant l'image du temps passé

Du temps perdu non rattrapé.


Il a fallu applaudir la fraîcheur

De ceux que nous étions avant

Et accepter qu'ils soient ici

Et accepter de ne plus y être

 



Et accepter les saisons qui ont fané

Depuis ces riches heures de bonheur galbé

De pitreries de maquillage en dégradé.


Il a fallu se retenir

De crier que rien n'avait changé

Et que l'on voulait d'autant plus partir

Que cette constance nous torturait.


Il a fallu voir le rideau

Tomber badeau sur nos souliers

Et regarder les jeunes beaux

Etre nous nous ressembler


Leur laisser place

Trouver la mienne

Garder la grâce

Dont j'étais Reine.


Il a fallu bouffer de la nostalgie

Ingérable indigérée hémoragique

Et repartir sans trop chanceler

Et repartir sans même pleurer.

 

Et remarquer dans la petite salle du fond

Qu'il reste nos empreintes sur du carton

Et accepter ce témoignage:

J'étais ici...


le bel adage.

 

 

 

 

(photo: Lycée Bellevue/ Audrey M.   ;-) )