05 juillet 2009
L'absent le temps latent.
La route est vide
Le chemin est long
L'attente insipide
Le résultat abscons.
Je marche trop lentement
En t'attendant
Je m'attarde à tatons
Et le temps est trop long.
Je me perds dans des tissus
De chimères déçues
Je m'éviscère de ces vices
Que l'on me sert crus.
Je suis sur un plateau de jeu
Dont je reste le pion
Je m'éloigne, je disparaîs un peu
Et m'enlève sans rançon.
Je me bats contre une horloge en verre
Qui me pique ou bien est-ce Lucifer
Mon armure est en eau je le crois
Et en larmes et en terre et en
désarroi.
Je me déserte je me quitte
Me reproche ma faillite.
Je m'insurge sans surgir
Et m'assagis sans désir.
J'attends, creuse et livide
Qu'on lève le drap sur mon néant
Que tu m'arraches enfin du vide,
D'un monde dont tu restes
l'Absent.
16:27 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
26 juin 2009
-Neda-
Neda, le monde t'a vue mourir
Sur un sol gris et froid
Sous une balle en martyre
Dans une rue loin de là.
Neda, ton visage sur chaque écran
Ta mort, ta mort, tes yeux béants
Tournés vers l'Hors du Temps,
Ta mort, ta mort, à Téhéran.
Et parce que l'on connait ton nom
Neda
Nous pleurons pour toi
Et pour ta vie
Brisée en éclat.
Et parce que l'on connaît ton nom
Neda
Nous t'aimons un peu
Et souffrons beaucoup
Pour toutes les vies qui partent avec toi.
00:27 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20 juin 2009
A mer
Qu'avons-nous à retenir de notre passage?
Si ce n'est la nausée, le mal de mer
Et la peur du naufrage.
Car mon navire bringuebale
Mon poisson d'eau de mer
Ma carlingue s'emballe
Et la tasse est amère.
A mer, sous terre
Qu'en sais-je?
Et que taire?
A flot, soufflons
Sourions matelots
De nos jurons.
Qu'avons nous à retenir de cette vie?
Si ce n'est la vague,
Fatale et flétrie
Qui t'emporte au large.
Car mon voyage s'entâche
De mille absences
Et je n'ai plus de bagage
Et je n'ai plus
d'Espérance.
A mer, a genoux
Les hommes-clou
Tapés sur le chef
Comme des crevettes sèches
A terre, attéré par l'hiver
Asséché par la pluie
Nous qui étions hier
A l'aube de nos vies
...
03:42 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
17 juin 2009
Extrait
Voici un extrait d'un truc que je suis en train d'écrire (ce qui explique mon absence, en plus des examens!). Dites moi ce que vous en pensez, ça me fera plaisir!! à bientôt! =nini=
Personne. La vieille n'est pas là.
La radio bredouille du Brel.
Ces gens là.
Un homme est penché sur le bar. Vieux, crasseux, ivrogne. Il y en a un dans chaque ginguette de chaque plage.
Derrière moi, la mer n'a de cesse de chanter son éclat. Elle se mire dans le soleil qui la reflète en une myriade de petits astres. Elle berce Brel et Brel aboie.
« Bonjour. »
Ce n'est pas la vieille. C'est une fille. Rousse, à moitié jeune, triste. Elle est derrière le comptoir, si minuscule que je ne la vois presque pas. Puis elle vient devant moi.
Elle n'est pas si petite.
Elle attend quelque chose de moi. Qu'attend-on d'un jeune homme dans une guinguette...
« Une bière. »
Je n'ai trouvé que ça.
Je n'aime pas la bière. C'est amer.
Elle retourne au comptoir et ouvre le frigo sans dire un mot. Elle le contemple pendant d'entières minutes. Je pense qu'elle a oublié ce qu'elle voulait. Elle me fixe, et fronce ses sourcils couleur cuir.
Puis saisit la bière dans un battement d'aile.
La bière s'écrase sur le comptoir en bois. L'ivrogne sursaute.
Je ne la remercie pas, je ne sais pas pourquoi.
Elle me regarde et s'en va.
Elle a disparu, et je ne sais pas où. Je n'ai rien vu. Je me tourne vers l'ivrogne.
Il s'en fout, c'est un ivrogne.
L'ivrogne des ginguettes ne se met jamais à vous taper la causette.
Ou si. Et c'est incompréhensible et bête.
Je me trouve idiot. Pas drôle. Salaud.
Ici, dans la guinguette de la vieille, juste pour savoir si elle a fini par crever, à boire une bière en solitaire.
Je pense à mon père. Je lui ressemble à cet instant. Désespérément.
12:05 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
14 juin 2009
Le retour à l'Abbaye

Il a fallu être capable
De revenir au moins regrettable,
Au meilleur, à l'immuable.
Il a fallu ne pas tiquer
Devant l'image du temps passé
Du temps perdu non rattrapé.
Il a fallu applaudir la fraîcheur
De ceux que nous étions avant
Et accepter qu'ils soient ici
Et accepter de ne plus y être
Et accepter les saisons qui ont fané
Depuis ces riches heures de bonheur galbé
De pitreries de maquillage en dégradé.
Il a fallu se retenir
De crier que rien n'avait changé
Et que l'on voulait d'autant plus partir
Que cette constance nous torturait.
Il a fallu voir le rideau
Tomber badeau sur nos souliers
Et regarder les jeunes beaux
Etre nous nous ressembler
Leur laisser place
Trouver la mienne
Garder la grâce
Dont j'étais Reine.
Il a fallu bouffer de la nostalgie
Ingérable indigérée hémoragique
Et repartir sans trop chanceler
Et repartir sans même pleurer.
Et remarquer dans la petite salle du fond
Qu'il reste nos empreintes sur du carton
Et accepter ce témoignage:
J'étais ici...
le bel adage.
(photo: Lycée Bellevue/ Audrey M. ;-) )
00:53 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
