26 mai 2009
La perdante
Aporie
Poisseuse ruelle dénuée d'embellies
Hypothèque sur les murs de ma vie.
Aporie
Et le goût de l'échec sur toutes les papilles
Et la peur de l'inerte quand on perd ses béquilles
Aporie
Demain ne vaut rien je me mens pourtant
Demain ne ressemble pas à mes rêves d'enfants
J'ai laissé passer des mailles j'ai échoué j'ai perdu mes médailles
Je me suis perdue entre l'inconscience et l'assurance
Persuadée que la jeunesse comblerait bien l'absence
De talent, de passion et de travail.
Aporie
Auncun uniforme ne me va
Aucun avenir ne me sied.
Aporie
Je ne veux rien je ne veux rien
Ni oublier ni le prendre bien
Ni croire encore ni détester
Je ne veux rien je ne veux rien
J'ai tout laissé
J'ai tout vendu
J'ai tout perdu
Sans rien miser.
23:51 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
20 mai 2009
La vérité sur moi
Emphase
Dans chaque mot, dans chaque phrase.
Sourires
Francs et généreux
Jusque dans le coin des yeux.
Embrassades
Promesses d'amour simples et fades
Promesses d'avenir un peu instables.
Joie
Aussi bien fausse que pleine
Aussi bien paix que haine.
Beau temps
Couleurs
Projets
Clameur
Oui mais à l'intérieur.
A l'intérieur néant
Peur du vide et peur du vent
Chantier d'envies et de douleurs
Terre d'apathie et de candeur.
A l'intérieur
Les regrets
La tristesse
La faim
Les doutes
Les morts
Les morts...
A l'intérieur
Des larmes saisies de torpeur
De la glace, de la colère sans valeur.
De l'insignifiance d'Etre
De l'absurdité de Croire
De l'idiotie de l'Espoir
Et des majuscules-encensoir.
L'emphase
Mais surtout l'ombre
Dans chaque mot, dans chaque phrase.
00:35 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
12 mai 2009
Nous n'irons pas plus loin -X-
La mer avale l'air
Dans un va-et-vient lapidaire.
-Tu vois, la mer. Ca c'est beau. Ca vaut le coup, tu vois.
-Ca ne vaut rien. Comme le reste, comme le passé, comme toutes les autres côtes des pays où tu m'as trainée.
-C'est faux.
-La mer est aussi triste que le reste.
-C'est faux.
-Elle reflète simplement les ordures du monde.
-C'est faux.
-Et ne protège que les adeptes du "c'est faux".
-...
-T'y peux rien tu sais. T'as voulu me décrocher le coeur, tu as raison. Ca n'a juste pas marché.
Mais tu es le seul à avoir essayé, c'est beau ça tu vois. T'ignorais juste que moi je n'aime rien.
Je t'aimerai pas non plus, probablement. Tu vois, je suis là devant la mer et je me fais chier.
-Tous les poètes aiment la mer et...
-Tous les poètes sont aveuglés.
La mer aggrippe les pieds des enfants qui se sont trop éloignés. La mer arrache la vie, la mer est violente, la mer est piquante autant qu'elle est salée.
Dangereuse, lugubre, vulgaire et grimée.
La mer nous a tous berné. C'est sûr. Aussi sûr que la Mère finit toujours par s'en aller.
-Tu as mal.
-Oui. toi aussi.
-...Oui.
-Allez, viens.
Ils repartent, tournant le dos aux vagues agitées.
Où l'emmène-t-il?
-Où m'emmènes-tu?
-Ailleurs, tu vois bien. Ailleurs.
00:31 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Le départ
Je partirai
Puisque c'était écrit depuis toujours.
Chercher, même si cela ne fait pas sens,
Un reflet, une lumière, une essence.
Tu ne te retourneras pas
Tu ne soupireras même pas.
Au mieux, certains soirs tu te souviendras
De mon souffle de jeune idiote sur ton épaule,
De mes envies géantes de jeunesse et d'inconstance.
Il n'y aura pas de sacrifice
Où, en belle Iphigénie,
Je serais livrée à l'autel
Pour embellir ta vie.
Il y aura cette tragédie,
Dans nos rides, incrustée et polie
Ces larmes, ces silences, ces cris
Cette décision:
Je pars, tant pis.
Tu ne te retourneras pas
Comme tu ne t'ai jamais retourné
Avant moi.
Au mieux, tu fouilleras enfin dans mes carnets
Pour lire les raisons qui m'ont délogée.
Tu écriras peut être un jour
Sur la folle qui est partie malgré l'amour
Qui a cédé, qui a mordu
A pleines dents la vie sangsue.
Ca me colle à la peau
Cette envie d'errance
D'erreur
Et de nouveaux drapeaux.
00:18 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08 mai 2009
Colère
Colère
Intérieure et plénière
Souveraine et entière.
Envie de tout balancer dénoncer détester renvoyer
Persuadée de s'être absolument trompée.
Je parle de ces colères
Contre tout un monde, des ministres lapidaires
Contre la nuit, contre l'oubli
Contre la mort et ses mystères.
Contre le passé qui a dégagé comme un voleur
Contre ceux que l'on panse et qui nous pensent menteur
Contre les couteaux dans le dos et puis toutes nos erreurs
Notre humanité maladive en manque de pudeur.
Colère
Saine et solitaire
Celle du soir qui s'en va en dormant
Celle de voir le monde clopinant.
01:01 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
