14 juillet 2009
Etre l'Air sans en avoir l'air
Je voudrais puiser à la source de l'arbre
Prétendre que je peux devenir sage Avaler tristesse et colère, larmes et enfer Souffler vent et poussière.
Je voudrais devenir air Embrunt quasi inexistant Etre souple et exemplaire Et heureuse silencieusement.
Je voudrais engloutir Vie
La materner et l'adopter
Accepter sa dysthésie
Et ne plus la vouvoyer.
Je voudrais enterrer mes morts Et ne plus craindre la nuit
Ronger l'écorce du plus fort
Des arbres qui cadrent l'esprit.
Je voudrais être sereine Blanche et certaine
Gouter l'espoir à la verveine Siroter le soir au goût chataigne.
Je voudrais te revoir.
Qu'on m'aime.
01:47 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
09 juillet 2009
Je ne crois pas en dieu mais je crois le vieil Ecclésiaste.
Vanité des vanités, dit l'Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité.
Quel avantage revient-il à l'homme de toute la peine qu'il se donne sous le soleil?
Une génération s'en va, une autre vient, et la terre subsiste toujours.
Le soleil se lève, le soleil se couche; il soupire après le lieu d'où il se lève de nouveau.
Le vent se dirige vers le midi, tourne vers le nord; puis il tourne encore, et reprend les mêmes circuits.
Tous les fleuves vont à la mer, et la mer n'est point remplie; ils continuent à aller vers le lieu où ils se dirigent.
Toutes choses sont en travail au delà de ce qu'on peut dire; l'œil ne se rassasie pas de voir, et l'oreille ne se lasse pas d'entendre.
Ce qui a été, c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera, il n'y a rien de nouveau sous le soleil.
J'ai appliqué mon cœur à rechercher et à sonder par la sagesse tout ce qui se fait sous les cieux: c'est là une occupation pénible
J'ai vu tout ce qui se fait sous le soleil; et voici, tout est vanité et poursuite du vent.
Ce qui est courbé ne peut se redresser, et ce qui manque ne peut être compté.
J'ai dit en mon cœur: Voici, j'ai grandi et surpassé en sagesse tous ceux qui ont dominé avant moi sur Jérusalem, et mon cœur a vu beaucoup de sagesse et de science.
J'ai appliqué mon cœur à connaître la sagesse, et à connaître la sottise et la folie; j'ai compris que cela aussi c'est la poursuite du vent.
Car avec beaucoup de sagesse on a beaucoup de chagrin, et celui qui augmente sa science augmente sa douleur.
J'ai dit en mon cœur: Allons! je t'éprouverai par la joie, et tu goûteras le bonheur. Et voici, c'est encore là une vanité.
J'ai dit du rire: Insensé!
et de la joie:
A quoi sert-elle?
...
(Ancien Testament, L'ecclésiaste)
02:32 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
07 juillet 2009
Un passé, quel passé?
Sur la terrasse en plein cagnard on a parlé de la solitude. Je lui ai dit que ça je connaissais, et qu'il y a quelques années j'en avais bien bavé. Elle a dit ah bon et n'a pas posé de question.
Elle avait pas l'air de penser quoi que ce soit en dessous de la conversation. Alors j'ai glissé l'air de rien que c'était elle qui m'avait blessée. Elle ne comprenait pas.
En deux trois phrases j'ai résumé l'abandon, les weeks ends à pleurer, les hommes avec qui elle s'absentait. Mais je n'ai pas briser le silence qui protège toutes ces vieilles blessures sacrées. N'ai pas cassé le sceau pour ne pas l'abîmer.
Après tout, presque personne ne sait.
Madame la Toute-Parfaite, ont dit même ceux qui m'aimaient.
Madame tout-va-bien
Madame je-n'ai-jamais-morflé.
Et leurs grands coups de tu vas voir, ça va tomber
Madame La-bout-en-train qui n'a jamais rien à confesser
Madame bon-matin et petite tasse de thé.
Madame Blagues Madame Chiante Madame Bon-Pli.
Sans savoir le vide qui m'avait ravagée. La peur, les secrets dévoilés.
Les tares familiales, les crises, les larmes, la haine et mes drames
La pauvreté.
Bien sûr, sur la terrasse elle n'a rien capté.
Ah...je ne me souviens pas
Qu'elle répond. Et je n'en reviens pas.
Je me tais.
-Tu veux dire pas du tout?
De tes erreurs de tes cheveux presque rasés des bars où tu me trainais des vieux qui me draguaient de tes problèmes de santé des hommes que je méprisais des copains d'école qui se moquaient de toute la ville qui nous regardait
-Mais tout ça c'est du passé, j'ai dit.
Elle avait l'air soulagé.
Et elle a parlé d'autre chose pendant longtemps à Madame Météo,Madame Sourire, Madame Tu-m'en-diras-tant.
Et je n'ai pas bronché
Madame Sensée.
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05 juillet 2009
L'absent le temps latent.
La route est vide
Le chemin est long
L'attente insipide
Le résultat abscons.
Je marche trop lentement
En t'attendant
Je m'attarde à tatons
Et le temps est trop long.
Je me perds dans des tissus
De chimères déçues
Je m'éviscère de ces vices
Que l'on me sert crus.
Je suis sur un plateau de jeu
Dont je reste le pion
Je m'éloigne, je disparaîs un peu
Et m'enlève sans rançon.
Je me bats contre une horloge en verre
Qui me pique ou bien est-ce Lucifer
Mon armure est en eau je le crois
Et en larmes et en terre et en
désarroi.
Je me déserte je me quitte
Me reproche ma faillite.
Je m'insurge sans surgir
Et m'assagis sans désir.
J'attends, creuse et livide
Qu'on lève le drap sur mon néant
Que tu m'arraches enfin du vide,
D'un monde dont tu restes
l'Absent.
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26 juin 2009
-Neda-
Neda, le monde t'a vue mourir
Sur un sol gris et froid
Sous une balle en martyre
Dans une rue loin de là.
Neda, ton visage sur chaque écran
Ta mort, ta mort, tes yeux béants
Tournés vers l'Hors du Temps,
Ta mort, ta mort, à Téhéran.
Et parce que l'on connait ton nom
Neda
Nous pleurons pour toi
Et pour ta vie
Brisée en éclat.
Et parce que l'on connaît ton nom
Neda
Nous t'aimons un peu
Et souffrons beaucoup
Pour toutes les vies qui partent avec toi.
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