28 juillet 2009

Hélène

La radio grésille sur le meuble en rotin

Et lui raconte le temps qu'il fait plus loin

Lui chuchote des récits de passion

Entre un immense piano et un petit violon.

 

Elle ne cherche plus son reflet dans les miroirs rayés

De la vieille salle de bain.

Elle se connait trop ou trop peu

Elle ne s'aime plus ou moins bien.

 

Elle ne fait que passer devant son grand portrait

De chatelaine toute parée

Sur lequel il est gravé en bas

"Hélène".

 

Elle n'a que le passé

Et les journées dépourvues de dentelle

Elle a déjà oublié

Le chateau qui l'avait élu reine.

 

Elle n'ouvre plus les boites en porcelaine

Remplies de vieux bijoux radieux

Tous gravés du même sceau,

"Hélène"

Témoignage douloureux...

 

Elle ne connait plus Hélène

Elle qui fut la plus belle d'entre elles

Elle se détourne elle s'enribambelle

De banalités de choses communes et vaines

 

Son nez mesquin ses yeux rieurs

Sa silhouette chamboulante de douceur

Ses mains de jeune fille fiancée

Les photos du chateau sur la table en osier.

 

Sa vie de petite dame choyée

Sur tous les murs de sa chambre à louer

Ses plus beaux jours affichés

A côté du miroir où elle se voit changer.

 

Hélène

Qui fut toujours la plus belle

Majestueuse toute en dentelle

Toujours radieuse

devenue vieille!

 

Mais souriante et sereine

Mais riante et loyale

Mais aimante et royale

Mais piquante et je crois qu'elle est toujours

La Reine.

27 juillet 2009

Comment vous dire...

Parce que je lui dois bien ça, et parce que quelque part au milieu du clip Semola apparaît en image (pas très) subliminale, voici en méga über exclusivité (euh non pas du tout en fait) le clip le plus barré que j'ai jamais vu, j'ai nommé Comment te dire, le dernier clip de Jérome-B

( http://jeromeb.hautetfort.com/):

 

Ici!!

 

Bonne journée à tous!

 

 

 

21 juillet 2009

200ème note

Wouaw...

Ceci est le deux-centième billet de ce blog! C'est incroyable.

Avant Semola, c'est là que tout se passait: http://aquoibonlesmots.hautetfort.com

Et puis j'ai voulu un blog à la hauteur de ma nouvelle vie universitaire, et ces mots là sont arrivés. Semola, comme la brillantissime compagnie de théatre que j'avais vue à Bayonne et qui incarnait toute la poésie du monde.

J'ai rencontré des amis, épinglés à gauche dans les "fous alliés", j'ai tissé des liens blogesques mais purement humains

Oui vraiment, j'ai fait du chemin!!

 

Et puis je me pose cette question: qui me lit??

Pourriez vous, pour féter cette 200ème prise de parole, m'écrire un petit mot??

Ce serait une sacrée célébration!

 

Merci en tout cas et à très très vite, bel été à tous.

 

20 juillet 2009

Le tunnel

Il n'y a pas de lumière au bout du tunnel

Pas de main amie après qu'on ait trop tendu la sienne

Il n'y a d'espoir nul part ailleurs que dans la boite de Pandore

Coincée quelque part entre l'ombre et l'indolore.

 

Il fait froid en plein jour la vie lessive l'âme

Les autres tous tyrans d'amour nous balafrent le visage

Il n'y a de vérité que celle que l'on pavane

Fièrement sans oublier d'avoir l'air sage.

 

Il n'y a pas de lumière au bout du tunnel

Et l'existence est une géante roulette russe

Si tu survis ce soir chanceuse crains de plus belle

Le moment vil où la vie te ruse.

 

Il gèle ce soir encore je ne pleure plus depuis longtemps

Je ne t'attends plus non plus le doute levant

Tu ne viendras pas plus que les jours meilleurs

Tu resteras bien loin et bientôt je creverai

faute de chaleur.

 

Il n'y a pas de lumière au bout du tunnel

Juste des cordes au bout desquelles nous pendons

Des maquillages et sinistres dentelles

Des amis en dents de scie des montagnes de pauvres cons.

 

Des films en couleur où on s'aime en musique

Des montagnes de douceurs pleines de poudre antalgique

Des lettres idiotes parfumées de poison

Des promesses toutes plus sottes embaumant l'abandon

Des tendres matins des toiles tendues par le Malin

Le malin comme la cendre qui nous bouffe l'intestin

Des rires qui s'évanouissent plus vite que les songes

Et puis crissent en tristes lyres dans notre mémoire vagabonde...

 

Il n'y a pas de lumière au bout du tunnel

Juste un poster à l'effigie de l'Eternel

Qui nous entubera tous un par un

Nous qui sommes trompés par nos pauvres instincts.

15 juillet 2009

Aujourd'hui comme demain je vais mourir je le sais bien

Frottement de l'herbe

Quand je marche incognito

Silence tout autour de moi, comme une grande aura.

 

Les jours s'étouffent dans l'errance

La solitude et les questions

Les jours se creusent en puits d'espérance

Vidé depuis peu de ses derniers glaçons.

 

Mon coeur plus loin sèche sur un fil

De rasoir au grand vent

Le hasard l'a fait crever lui inflexible

Qui arnaque les sentiments.

 

Mes phrases s'alambiquent d'inepties

D'inespérées conneries

L'horloge minaude comme une catin

Et clôt le jour d'un air terrien.

 

D'ailleurs elle ne taît rien

Je vais mourir, je le sais bien.