28 août 2009
La mauvaise graine
Mauvaise graine
Cafardeux débordant de haine
Tu t'appitoies sur les trottoirs de la ville païenne
Mauvaise graine
Génie idiot
Sac rouillé de chaînes
Sage brouillé d'Ego.
Mauvaise graine
J'ai ton secret
Gravé dans l'aine...
Mauvaise graine
Gamin terrible
Pietre rebelle
Cancanier timide
J'ai ton empreinte
Au fond des rides.
Mauvaise graine
Chiendent sublime
Tes mots s'égrainent
Là sous l'abyme.
J'ai tes mensonges
Dans toutes mes rimes.
01:24 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
27 août 2009
Quand j'étais vieille
Madame Z. est jolie comme un coeur
Avec ses cheveux blancs coiffés en arrière
Comme une lady d'avant.
Madame Z. ne dit plus grand chose, ou bien plus personne ne l'écoute:
elle parle allemand. Pas allemand, mais un mélange d'alsacien et de flamand, dit Monsieur D. en souriant à la fille de jour. Elle, elle s'en fout, ça ne lui dit pas si Madame Z. a encore soif.
Madame Z. a perdu la tête trois fois déjà et l'a retrouvée posée juste à côté d'elle. Toujours revenue de ses voyages délirants. Toujours là, le regard stable, la mine radieuse, ses cheveux blancs vraiment resplendissants.
Qui lui a fabriqué ce petit éventail en papier qu'elle agite dans la salle à manger?
Du papier rose tout froissé, qu'elle secoue comme une princesse égarée.
Elle me regarde et sourit.
Madame Z. qui toujours me dit merci
danke truc, ich bin machin, j'en sais trop rien.
En face d'elle, madame G. essaie de terminer de boire son verre de larmes.
Madame G. c'est bien connu ne fait que pleurer. Son mari, son fils, sa mère, son père, ses 6frères...elle a tout perdu. Il lui reste une belle soeur qui vient tous les deux mois lui faire une coupe aussi moche qu'elle l'indiffère. Il lui reste une belle soeur et une photo de sa maman. Et inlassablement, quand on va dans sa chambre, elle nous demande si elle lui ressemble.
On dit que oui, et elle sourit, et elle dit que sa maman est bien plus belle.
Une fois, deux fois, mille fois, Madame G. nous rencontre toujours pour la première fois.
A côté d'elle, Madame D. essaie de lui choper son verre de larmes. Madame D. chope tout ce qu'elle peut avec ses mains en pince de crabe. Elle begaie, elle hésite, elle se cache entre ses mains.
Et parfois elle nous regarde et nous aime. On l'enlace, elle est douce.
Comme madame Jolie, qui n'entend rien, mais qui nous serre toujours très fort la main. Elle nous empoigne, nous souhaite bon courage, ça met trois heures, mais c'est un festival de chaleur.
Et bonne journée. Et bon courage. Et à bientôt, Madame.
Et elles s'en retournent, à la conquête d'une main, à la conquête d'une
bonne âme.
22:40 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
24 août 2009
You may say I'm a dreamer, but I'm not the only one.
00:21 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
22 août 2009
Don't ever try to talk about love.
D'ombre et d'or
Tes cheveux cendrés comme oiseau qui brûle
D'ombre et de plumes.
D'art et dehors
Le monde semble vouloir te décrocher la lune
Sans laquelle tu ne dors.
D'ambre et d'automne
Ta bouche sombre et monotone
Ta langue qui fourche
Et puis résonne.
D'étés pastels
Tes yeux mon navire ambulant
Ma coque en dentelle
Ma nuit mes amants.
D'eau
La larme que tu me jettes à l'oeil
Tendre et volatile
Caressant les seuils.
Do
ré mi fa
le sol
Est là si je m'affole
Reviens.
00:16 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
18 août 2009
Rien n'est perdu
Rien n'est perdu de nos histoires
De nos amours tous nos déboires
Des soirs passés à boire
De l'amitié
et de l'espoir.
Rien n'est perdu de nos promesses
De nos chansons de nos ivresses
De nos sourires de nos caresses
Rien n'est perdu de cette tendresse.
Rien n'est perdu de nos émois
Cachés le soir chacun chez soi
Rien n'est perdu de nos vingt ans
Où jeunes et beaux nous avions
du temps.
Car tout vit encore dans un ailleurs d'air
Où prend forme l'éphèmère
Dans un ciel de pensées et de rires
De vies pansées d'envies de mourir.
Rien n'est perdu
Tout est ailleurs.
14:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

