29 juillet 2009

Maybe it can be soft.

Voici de la douceur et des rubans

Pour te couvrir de la candeur

qui me sied tant

 

Voici du rose et des pastels

Voici l'ivresse qui est si belle

 

Voici la mer au bout du monde

Celle dont on respire l'onde

Voici de meilleurs jours voici

L'amour

Voici la fin de l'affront.

 

De la fronde

De la lutte avec l'ange

De la colère profonde.

 

Voici des pétunias jaunes

Pour t'en faire des chemises

voici le sourire de la Joconde

Voici des étoiles en sachet-surprise.

 

C'est ici que je baisse les armes

Et que je me rendors sans larme.

C'est ici que j'invoque la paix

Pour nos six milliards d'âmes.

 

28 juillet 2009

Hélène

La radio grésille sur le meuble en rotin

Et lui raconte le temps qu'il fait plus loin

Lui chuchote des récits de passion

Entre un immense piano et un petit violon.

 

Elle ne cherche plus son reflet dans les miroirs rayés

De la vieille salle de bain.

Elle se connait trop ou trop peu

Elle ne s'aime plus ou moins bien.

 

Elle ne fait que passer devant son grand portrait

De chatelaine toute parée

Sur lequel il est gravé en bas

"Hélène".

 

Elle n'a que le passé

Et les journées dépourvues de dentelle

Elle a déjà oublié

Le chateau qui l'avait élu reine.

 

Elle n'ouvre plus les boites en porcelaine

Remplies de vieux bijoux radieux

Tous gravés du même sceau,

"Hélène"

Témoignage douloureux...

 

Elle ne connait plus Hélène

Elle qui fut la plus belle d'entre elles

Elle se détourne elle s'enribambelle

De banalités de choses communes et vaines

 

Son nez mesquin ses yeux rieurs

Sa silhouette chamboulante de douceur

Ses mains de jeune fille fiancée

Les photos du chateau sur la table en osier.

 

Sa vie de petite dame choyée

Sur tous les murs de sa chambre à louer

Ses plus beaux jours affichés

A côté du miroir où elle se voit changer.

 

Hélène

Qui fut toujours la plus belle

Majestueuse toute en dentelle

Toujours radieuse

devenue vieille!

 

Mais souriante et sereine

Mais riante et loyale

Mais aimante et royale

Mais piquante et je crois qu'elle est toujours

La Reine.

27 juillet 2009

Comment vous dire...

Parce que je lui dois bien ça, et parce que quelque part au milieu du clip Semola apparaît en image (pas très) subliminale, voici en méga über exclusivité (euh non pas du tout en fait) le clip le plus barré que j'ai jamais vu, j'ai nommé Comment te dire, le dernier clip de Jérome-B

( http://jeromeb.hautetfort.com/):

 

Ici!!

 

Bonne journée à tous!

 

 

 

21 juillet 2009

200ème note

Wouaw...

Ceci est le deux-centième billet de ce blog! C'est incroyable.

Avant Semola, c'est là que tout se passait: http://aquoibonlesmots.hautetfort.com

Et puis j'ai voulu un blog à la hauteur de ma nouvelle vie universitaire, et ces mots là sont arrivés. Semola, comme la brillantissime compagnie de théatre que j'avais vue à Bayonne et qui incarnait toute la poésie du monde.

J'ai rencontré des amis, épinglés à gauche dans les "fous alliés", j'ai tissé des liens blogesques mais purement humains

Oui vraiment, j'ai fait du chemin!!

 

Et puis je me pose cette question: qui me lit??

Pourriez vous, pour féter cette 200ème prise de parole, m'écrire un petit mot??

Ce serait une sacrée célébration!

 

Merci en tout cas et à très très vite, bel été à tous.

 

20 juillet 2009

Le tunnel

Il n'y a pas de lumière au bout du tunnel

Pas de main amie après qu'on ait trop tendu la sienne

Il n'y a d'espoir nul part ailleurs que dans la boite de Pandore

Coincée quelque part entre l'ombre et l'indolore.

 

Il fait froid en plein jour la vie lessive l'âme

Les autres tous tyrans d'amour nous balafrent le visage

Il n'y a de vérité que celle que l'on pavane

Fièrement sans oublier d'avoir l'air sage.

 

Il n'y a pas de lumière au bout du tunnel

Et l'existence est une géante roulette russe

Si tu survis ce soir chanceuse crains de plus belle

Le moment vil où la vie te ruse.

 

Il gèle ce soir encore je ne pleure plus depuis longtemps

Je ne t'attends plus non plus le doute levant

Tu ne viendras pas plus que les jours meilleurs

Tu resteras bien loin et bientôt je creverai

faute de chaleur.

 

Il n'y a pas de lumière au bout du tunnel

Juste des cordes au bout desquelles nous pendons

Des maquillages et sinistres dentelles

Des amis en dents de scie des montagnes de pauvres cons.

 

Des films en couleur où on s'aime en musique

Des montagnes de douceurs pleines de poudre antalgique

Des lettres idiotes parfumées de poison

Des promesses toutes plus sottes embaumant l'abandon

Des tendres matins des toiles tendues par le Malin

Le malin comme la cendre qui nous bouffe l'intestin

Des rires qui s'évanouissent plus vite que les songes

Et puis crissent en tristes lyres dans notre mémoire vagabonde...

 

Il n'y a pas de lumière au bout du tunnel

Juste un poster à l'effigie de l'Eternel

Qui nous entubera tous un par un

Nous qui sommes trompés par nos pauvres instincts.

15 juillet 2009

Aujourd'hui comme demain je vais mourir je le sais bien

Frottement de l'herbe

Quand je marche incognito

Silence tout autour de moi, comme une grande aura.

 

Les jours s'étouffent dans l'errance

La solitude et les questions

Les jours se creusent en puits d'espérance

Vidé depuis peu de ses derniers glaçons.

 

Mon coeur plus loin sèche sur un fil

De rasoir au grand vent

Le hasard l'a fait crever lui inflexible

Qui arnaque les sentiments.

 

Mes phrases s'alambiquent d'inepties

D'inespérées conneries

L'horloge minaude comme une catin

Et clôt le jour d'un air terrien.

 

D'ailleurs elle ne taît rien

Je vais mourir, je le sais bien.

 

14 juillet 2009

Etre l'Air sans en avoir l'air

Je voudrais puiser à la source de l'arbre


 

Prétendre que je peux devenir sage  Avaler tristesse et colère, larmes et enfer Souffler vent et poussière.

Je voudrais devenir air  Embrunt quasi inexistant  Etre souple et exemplaire Et heureuse silencieusement.

 

Je voudrais engloutir Vie

La materner et l'adopter

Accepter sa dysthésie

Et ne plus la vouvoyer.

 

 

Je voudrais enterrer mes morts    Et ne plus craindre la nuit

Ronger l'écorce du plus fort

Des arbres qui cadrent l'esprit.

 

Je voudrais être sereine  Blanche et certaine

Gouter l'espoir à la verveine       Siroter le soir au goût chataigne.

 

Je voudrais te revoir.

Qu'on m'aime.

09 juillet 2009

Je ne crois pas en dieu mais je crois le vieil Ecclésiaste.

 

Vanité des vanités, dit l'Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité.

Quel avantage revient-il à l'homme de toute la peine qu'il se donne sous le soleil?

Une génération s'en va, une autre vient, et la terre subsiste toujours.

Le soleil se lève, le soleil se couche; il soupire après le lieu d'où il se lève de nouveau.

Le vent se dirige vers le midi, tourne vers le nord; puis il tourne encore, et reprend les mêmes circuits.

Tous les fleuves vont à la mer, et la mer n'est point remplie; ils continuent à aller vers le lieu où ils se dirigent.

Toutes choses sont en travail au delà de ce qu'on peut dire; l'œil ne se rassasie pas de voir, et l'oreille ne se lasse pas d'entendre.

Ce qui a été, c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera, il n'y a rien de nouveau sous le soleil.

 

 

J'ai appliqué mon cœur à rechercher et à sonder par la sagesse tout ce qui se fait sous les cieux: c'est là une occupation pénible

J'ai vu tout ce qui se fait sous le soleil; et voici, tout est vanité et poursuite du vent.

Ce qui est courbé ne peut se redresser, et ce qui manque ne peut être compté.

J'ai dit en mon cœur: Voici, j'ai grandi et surpassé en sagesse tous ceux qui ont dominé avant moi sur Jérusalem, et mon cœur a vu beaucoup de sagesse et de science.

J'ai appliqué mon cœur à connaître la sagesse, et à connaître la sottise et la folie; j'ai compris que cela aussi c'est la poursuite du vent.

Car avec beaucoup de sagesse on a beaucoup de chagrin, et celui qui augmente sa science augmente sa douleur.

J'ai dit en mon cœur: Allons! je t'éprouverai par la joie, et tu goûteras le bonheur. Et voici, c'est encore là une vanité.

J'ai dit du rire: Insensé!

et de la joie:

A quoi sert-elle?

 

...

 

 

(Ancien Testament, L'ecclésiaste)

07 juillet 2009

Un passé, quel passé?

Sur la terrasse en plein cagnard on a parlé de la solitude. Je lui ai dit que ça je connaissais, et qu'il y a quelques années j'en avais bien bavé. Elle a dit ah bon et n'a pas posé de question.

Elle avait pas l'air de penser quoi que ce soit en dessous de la conversation. Alors j'ai glissé l'air de rien que c'était elle qui m'avait blessée. Elle ne comprenait pas.

En deux trois phrases j'ai résumé l'abandon, les weeks ends à pleurer, les hommes avec qui elle s'absentait. Mais je n'ai pas briser le silence qui protège toutes ces vieilles blessures sacrées. N'ai pas cassé le sceau pour ne pas l'abîmer.

Après tout, presque personne ne sait.


Madame la Toute-Parfaite, ont dit même ceux qui m'aimaient.

Madame tout-va-bien

Madame je-n'ai-jamais-morflé.

Et leurs grands coups de tu vas voir, ça va tomber


Madame La-bout-en-train qui n'a jamais rien à confesser

Madame bon-matin et petite tasse de thé.

Madame Blagues Madame Chiante Madame Bon-Pli.


Sans savoir le vide qui m'avait ravagée. La peur, les secrets dévoilés.

Les tares familiales, les crises, les larmes, la haine et mes drames

La pauvreté.


Bien sûr, sur la terrasse elle n'a rien capté.

Ah...je ne me souviens pas

Qu'elle répond. Et je n'en reviens pas.


Je me tais.

-Tu veux dire pas du tout?

De tes erreurs de tes cheveux presque rasés des bars où tu me trainais des vieux qui me draguaient de tes problèmes de santé des hommes que je méprisais des copains d'école qui se moquaient de toute la ville qui nous regardait


-Mais tout ça c'est du passé, j'ai dit.


Elle avait l'air soulagé.

Et elle a parlé d'autre chose pendant longtemps à Madame Météo,Madame Sourire, Madame Tu-m'en-diras-tant.

 

Et je n'ai pas bronché


Madame Sensée.

05 juillet 2009

L'absent le temps latent.

La route est vide

Le chemin est long

L'attente insipide

Le résultat abscons.

 

Je marche trop lentement

En t'attendant

Je m'attarde à tatons

Et le temps est trop long.

 

Je me perds dans des tissus

De chimères déçues

Je m'éviscère de ces vices

Que l'on me sert crus.

 

Je suis sur un plateau de jeu

Dont je reste le pion

Je m'éloigne, je disparaîs un peu

Et m'enlève sans rançon.

 

Je me bats contre une horloge en verre

Qui me pique ou bien est-ce Lucifer

Mon armure est en eau je le crois

Et en larmes et en terre et en

désarroi.

 

Je me déserte je me quitte

Me reproche ma faillite.

Je m'insurge sans surgir

Et m'assagis sans désir.

 

J'attends, creuse et livide

Qu'on lève le drap sur mon néant

Que tu m'arraches enfin du vide,

D'un monde dont tu restes

l'Absent.

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