13 avril 2009
Emma
Le soleil reprenait du service
So did she.
Elle n'allait pas encore quitter ses chandails et ses vieux regrets
Mais elle commençait,pas à pas, couleur par couleur
A repeindre la vie qu'elle avait mis en désordre.
A revoir ce qu'il y a en périphérie
Un boulanger, un sourire, une envie
Des amis.
Elle délocalisait sa pensée.
Elle s'ouvrait sur le monde, sur la musique,
sur les oeillets
Et elle puisait.
Une humeur, a mood, she said,
Une philosophie, une aide.
It did.
Ca l'aidait.
Elle n'allait pas encore respirer dehors en se sentant trésaillir
Comme une Madame Bovary retenant mal son rire.
Elle n'allait pas remettre son masque
Juste avancer, pour l'instant, avancer à petit pieds.
Elle oubliait les questions
Nombreuses, avortées, sans réponse
Immondes, hantantes,
fantômes de l'Immense.
Sa réponse elle l'avait:
I'm not ready to be fixed.
So what? Elle était cassée,
Mais en attendant, rien ne s'aggraverait.
Elle n'allait pas courir le monde
Juste ne pas courir après elle-même.
Elle allait être patiente
Kindle, et moins chiante
Si possible.
09 avril 2009
A nos vingt ans (Noam and I)
Tu,
Dans la cuisine enluminée
Gigotes comme un insecte.
Tu
Sais à peine rester éveillé
Et gazouille comme tout bébé.
Je
Te regarde
Et je ne suis plus jeune, déjà
Je me vois
Tata conseil tata plus vieille
Et mes 20ans où seront-ils quand tu auras
croqué le temps?
Et mes 20ans où seront-ils quand tu
Marcheras seul comme un grand?
Je
T'admire pour ta jeunesse
Et pour ta vie
encore dans son papier cadeau.
Tu
me fixes soudainement
Et souris.
Elle est drôle, celle-ci,
Elle est drôle, vraiment.
A nos vingt ans.
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06 avril 2009
Le village
-Pourquoi le clocher pleure
Pourquoi le clocher pleure
dites le moi
Vous l'innocente en robe blanche
Vous religieuse et toute croyante.
-Le clocher sonne le glas
Le glas qui glace nos gites
Et agite nos gueux.
Le clocher sonne le glas
Et la fin d'un malheureux.
Bientôt le village défilera
Sous nos fenêtres ma fille et racontera
Q'un tel est mort
Qu'un tel pleura
Qu'un tel souffrît
De n'y être pas.
Bientôt le village s'épuisera
En récits héroiques
En chants renégats
En larmes d'eau
En "ô que c'est tragique!"
Le clocher sonne le glas ma fille
Le clocher sonne le glas
La fin d'un bon monsieur ma fille
Que personne n'aima.
-Que c'est triste ma mère
Et moi qui ne le connaissais pas!
Je voudrais bien faire une prière
Pour l'homme glacé de ce son
Sonné par le glas..
23:58 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01 avril 2009
L'inconnu
Il se pame, il se pame,
Drague dans les rues de Paname
L'amoureux joli coeur
L'inconnu, le chapeau à la fleur.
Il se traine, il se traine
Au milieu des visages
Au milieu des souris musaraignes
Des petites minettes sages.
L'inconnu
Ô le bel individu
Et sa prose et son style
Et ses douces idylles.
Il s'invente, il s'invente
Des histoires de Don Juan du dimanche
Des haras des sanglots des amantes,
Femmes félines toutes perlées sur les hanches.
Il chantonne il chantonne
Place du Tertre place Pigalle
Pas d'hiver près des Halles
Il s'étonne.
L'inconnu
Ô le bel individu
Et son collier de vies et ses manies
Et ses poèmes et ses joues blêmes
Et sa vie, blablabla
Sa famille et son chat.
Et sa mie, une Lisa
Une Marie une Clara
Une femme entre Nantes et Paris
Qu'il croisera.
L'inconnu
Ô le bel ingénu
Tout peint de bleu de rouge de vert
De poésie et de chimères.
Ô le bel individu.
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