25 mars 2009
Je crois que trop de monde s'en va.
Ombre
Dans un coin de la nuit
Je crois que quelqu'un m'a parlé
Derrière le rideau de taffetas de mon sommeil
de bois.
Tendre la main
Froide et pâle
Embrasser les fronts bénis de trépassés
Caresser les cheveux d'une défunte
Fiancée.
Se retourner
Malgré le poids, malgré la marée
Menaçante,
Se retourner
Et pouvoir encore vous embrasser.
Dans un coin de nuit
Ou de placard ou je ne sais quoi
Dans un coin de nos vies
Vous à tout jamais
Coeurs en vie devenus souvenirs
Amours en chair emportées sans prévenir.
Je crois que trop de monde s'en va.
22:46 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
21 mars 2009
La parenthèse
Les volets poussiéreux de la maison de campagne se sont ouverts sur un soleil de plomb.
Dehors les grillons se concertaient pour savoir quel son il nous joueraient. Nous avons tout retrouvé dans le salon ombragé:
Les vieux draps, le berceau, les couverts en métal, le vase et la table en formica.
Nous nous sommes allongés sur l'herbe dans la petite cour de derrière. Oui d'ici tout semblait plus brillant plus clair et plus saillant.
Jus d'orange, pain frais, paté. Le bonheur je crois, passait dans notre estomac...
Et tout me revenait:
Les jeux les pieds de nez les batailles que l'on se menaient. Les parents épuisés affalés sur les chaises de la terrasse.
Les mille mondes que nous avions découverts dans le jardin: car nous étions des pionniers, ça oui, des vrais.
Le ruisseau les crapauds les cris de Maddie quand une abeille passait. Les rires emmélés dans les branches du vieux peuplier.
Les volets poussiéreux de la maison de campagne se sont ouverts sur un ciel sans ennui
Sans nuage, sans souci.
Un infini rempli d'avenir, de promesses et de sourires.
Je respirai, mieux que jamais.
Je respirai,
Vivante à en pleurer.
13:05 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
15 mars 2009
La nuit je mens
"On m'a vu dans le Vercors
Sauter à l'élastique
Voleur d'amphores
Au fond des criques
J'ai fait la cour a des murènes
J'ai fais l'amour
J'ai fait le mort
T'etais pas née
A la station balnéaire
tu t'es pas fait prier
J'etais gant de crin, geyser
Pour un peu, je trempais
Histoire d'eau
La nuit je mens
Je prends des trains
a travers la plaine
La nuit je mens
Je m'en lave les mains.
J'ai dans les bottes
des montagnes de questions
Ou subsiste encore ton écho
Ou subsiste encore ton écho.
J'ai fait la saison
dans cette boite crânienne
Tes pensées, je les faisais miennes
T'accaparer, seulement t'accaparer
d'estrade en estrade
J'ai fait danser tant de malentendus
Des kilomètres de vie en rose
Un jour au cirque
Un autre a chercher a te plaire
dresseur de loulous
Dynamiteur d'aqueducs
La nuit je mens
Je prends des trains a travers la plaine
La nuit je mens Je m'en lave les mains.
J'ai dans les bottes des montagnes de questions
Ou subsiste encore ton écho
Ou subsiste encore ton écho.
la nuit je mens..."
Voilà une des chansons que j'aime le plus. Hier son géniallisime propriétaire est parti.
Parti, comme les deux personnes auxquelles ces notes me faisaient penser.
Alain Bashung, ce génie
Parti, lui aussi.
19:37 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Dimanche
Dimanche
Emmène moi au milieu des herbes des fleurs des rires
Emmène moi à l'endroit où le monde oublie les soupirs
Arrange toi avec le reste des lois
Dessine moi un dimanche qui m'emmène loin de moi.
Près de l'eau, près des autres, près du sol encore frais
Près des coeurs noués en colliers d'humanité
Emmène moi entre le rêve et la vie
Dans une source froide d'eau de vie
D'eau de joie, de vaudeville
D'autres envies!
Près d'étangs loin des temps
Près de toi loin des toits
Emmène moi au printemps
Où je respirerai comme la première fois.
12:59 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
13 mars 2009
The sound of silence
La vie s'emmèle les pinceaux, aspire ceux qui ne s'accrochaient pas trop.
Tourbillon, tourbillon,
de nouvelles de projets d'amitiés de pensées
Je ne suis pas loin cependant,
je vous le promets.
12:52 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07 mars 2009
Ennui
-Je m'ennuie.
-Tu as tort.
-J'y peux rien, je suis fatigué de ne rien penser. De ne pas me souvenir, de n'avoir aucune mission à remplir. Personne.
Tu sais, personne à qui sourire. Rien pour ryhtmer les jours, pour ponctuer l'amour. Pas d'amour qui ne soit trop lourd. Pas de rire profond, pas de joie soudaine; bon dieu ce que c'est chiant. La vie défile comme un vieux film sous titré en polonais. Et je m'ennuie.
Je ne veux pas peindre je ne veux pas jouer je ne veux plus penser à tout ce que je ne sais pas. Je ne veux pas me croiser. La vie m'ennuie je te le dis, la vie m'épuise à l'infini. Et toi tu t'en fous.
-Ouais.
21:12 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
05 mars 2009
Minuit moins cinq
La grêle sur nos épaules, le froid au bout des doigts, le soleil sur les joues, plus rien n'importera.
Ce sera la fin du monde et le monde naîtra.
L'aube des promesses, et nous, dans une ultime accolade
...nous, dans une ultime accolade.
Les points au bout de chaque phrase, les solutions à tout mystère. L'avancée de la science coincée à ce minuit moins cinq.
Et rien ne sera moins triste que de voir l'heure arriver à son terme, que de sentir le temps s'arrêter pour de bon.
Rien ne sera moins exaltant que de voir la fin nous cueillir solennement, dans un silence d'or fin cousu par le néant.
Nous ne serons pas...tu vois, nous ne serons plus.
Et nous sauverons le monde de son carcan. De nous, étrangement.
Ce sera beau et grand, et ce sera grâce à nous.
Et la vie existera tout aussi joliment qu'avant tout ça.
Je viens d'aller voir Watchmen, un excellent film de science-fiction inspiré d'un fameux comic-book.
Mais ce que je ne savais pas, pauvre de moi, c'est qu'il existe bien une horloge qui affiche l'heure avant la fin. Ça me fascine.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Horloge_de_la_fin_du_monde
ça me fascine autant que ça m'effraie, sachant qu'il est minuit moins cinq.
01:31 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01 mars 2009
Noir et blanc
Un soir en noir et blanc. Tapissé sur le mur en immense océan.
Le silence ne masque pas l'absence
Ni ne l'oublie
Pourtant la panse.
Certains ont fondu sans dire aurevoir
Faut-il qu'ils nous reviennent quand s'étend le soir
Comme une toile gonflée d'escarres?
Faut-il que la solitude nous ronge l'espoir
Au point d'écrire qu'il est trop tard
Au point de nier qu'on a pu le savoir?
Un soir en noir et blanc. Trempé gainé de toute l'hardiesse des sentiments
Empli d'hommages, d'amour, de gens.
Je veux vous dire que je vous aime
Que j'aime la vie
Sans faire semblant.
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