31 janvier 2009
saturday night
Viens,
On va partager nos vies pourries
Autour d'un verre dans un endroit plein de bruit
plein de vie.
Toi, tu me fais rire
toujours empli d'amour et de sourires
Tu me dis que tu te nourris de musique
Et je te crois, et c'est magique.
Toi, amoureux d'une Muse en secret
Tu cherches tous les prétextes pour parler d'elle
On t'écoute, on est heureux
Simplement près
les uns des autres
On boit des bières
Moi j'aime pas ça mais bon tant pis
Je suis plus belle je suis plus fière
Quand je trinque à nos envies.
Tu me sors un livre de Confucius
Une citation qui est pour moi
Et c'est comme un cadeau confus
Comme un baiser que tu m'envoie.
Nous rions de bon coeur autour de la table
Sans penser à l'heure du temps fatal
Faut-il que ce soir meurt
Lui qui fut si natal?
Vous parlez de musique et je ne comprends rien
Mais je souris très simplement
Et tout est simple et c'est si bien.
Tu sors encore ta pile de cd
Et je me dis que tu pourrais habiter
Sous une chaumière toute en musique
Toute en idées, toute fantastique.
Magicien des petits riens
Tu es un Grââl
Au coeur d'or fin.
23:42 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
Une vie de rien
Délicatement assise sur le banc du jardin, comme une poupée posée là par un peintre incertain
Jupe caressant ses jambes tout en coton tout en bonbon, genoux en face à face comme petite table pour ses coudes.
Sac fripé sur son épaule en dentelle.
Rêve-t-elle?
Des passants des gens très avenants racontent qu'elle vient tous les jours au jardin. La fontaine la fascine et elle rêve cette fille, elle rêve sur le petit banc en marbre tout blanc.
Et ses joues roses colorient le décor avec un goût savant.
D'autres racontent qu'elle attend son amant, un norvégien je crois, un suédois un nordique quoi. Un beau blond aux yeux bleus rencontré au hasard, et la concierge guette du coin des yeux, l'air haguard.
Viendra-t-il, le bel homme qui lui a brisé le coeur? car pour sûr dans le rose de ses joues il y a bien un peu de douleur.
Un homme un jour a dit qu'elle n'avait pas d'ami. Pas de père ni de mère mais un chat jaune fleuri. Un chat qui chantait, avait-il raconté, qui chantait quand la jeune fille partait.
L'eau de la fontaine où ses larmes s'épanchent,
Pense que la demoiselle attend juste sa chance
Qu'elle attend un sourire
un souffle
Un coup de vent
Un passant
Qui la touche.
Une main qui se tend
Une journée de beau temps
et encore mieux que tout ça
Le rire d'un enfant.
Délicatement assise sur le banc du jardin
Elle goûte avec gourmandise
Une vie de rien.
23:23 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
29 janvier 2009
Ce qui nous remplit d'Etre
Ma prof a vu juste quand elle nous a demandé "pourquoi certaines oeuvres vous font vous relever en pleine nuit juste pour relire quelques unes de leur lignes??"
C'est tout à fait comme cela que j'envisage mon rapport aux mots. Les plus précieux sont ceux qui finissent par nous appartenir, du moins nous le pensons, nous l'espérons. Ces mots précis, de Ronsard, D'Aubigné, ces morceaux de strophe qui restent coincés entre nos vies et qui reviennent comme de vieux parfums et nous rappellent précisément qui nous sommes.
Ils sont je crois notre identité, notre couleur. Ce qui nous remplit d'être. Qui efface tout le reste et ne laisse que le Beau, le profond, le sensuel et sensationnel.
Ces mots qui nous renvoient toujours inévitablement à la seconde précieuse où nous les avons lus, et tout le monde se souvient de la période de sa vie où il a lu ses vers préférés. Ces mots-là sont donc d'une préciosité rare, indélébile, immuable. Scripta manent...
Bref.
Cette même prof, aussi jeune que fascinante, nous a demandé de choisir 5poêmes et d'expliquer pourquoi. C'est bien la première fois qu'on nous demande ça. Dommage, je trouve que c'est l'essentiel. Comme ce serait intéressant d'écouter les autres parler des poêmes qui les construisent un petit peu!
Comme j'aimerais faire lire ceux de mon puzzle identitaire...
C'est pour ça que je les publie ici. Parce que mon blog a bien besoin d'un peu de vraie poésie, parce que ces mots sont comme un cadeau, et parce que de toutes façons mes mots à moi sont en plastique, voici:
Yves Bonnefoy, La maison Natale in Les planches courbes (IV)
Il faisait nuit encore. De l'eau glissait
Silencieusement sur le sol noir,
Et je savais que je n'aurais pour tâche
Que de me souvenir, et je riais,
Je me penchais, je prenais la boue
Une brassée de branches et de feuilles,
J'en soulevais la masse, qui ruisselait
Dans mes bras resserrés contre mon coeur.
Que faire de ce bois où tant d'absence
Montait pourtant le bruit de la couleur,
Peu importe, j'allais en hâte, à la recherche
D'au moins quelque hangar, sous cette charge
De branches qui avaient de toute part
Des angles, des élancements, des pointes, des cris.
Et des voix, qui jetaient des ombres sur la route,
Ou m'appelaient, et je me retournais,
Le coeur précipité, sur la route vide.
Victor Hugo, Pauline Roland in Les Châtiments:
Elle ne connaissait ni l'orgueil ni la haine ;
Elle aimait ; elle était pauvre, simple et sereine ;
Souvent le pain qui manque abrégeait son repas.
Elle avait trois enfants, ce qui n'empêchait pas
Qu'elle ne se sentit mère de ceux qui souffrent.
Les noirs événements qui dans la nuit s'engouffrent,
Les flux et les reflux, les abîmes béants,
Les nains, sapant sans bruit l'ouvrage des géants,
Et tous nos malfaiteurs inconnus ou célèbres,
Ne l'épouvantaient point ; derrière ces ténèbres,
Elle apercevait Dieu construisant l'avenir.
Elle sentait sa foi sans cesse rajeunir ;
De la liberté sainte elle attisait les flammes,
Elle s'inquiétait des enfants et des femmes,
Elle disait, tendant la main aux travailleurs :
La vie est dure ici, mais sera bonne ailleurs.
Avançons ! - Elle allait, portant de l'un à l'autre
L'espérance ; c'était une espèce d'apôtre
Que Dieu, sur cette terre où nous gémissons tous,
Avait fait mère et femme, afin qu'il fût plus doux.
L'esprit le plus farouche aimait sa voix sincère.
Tendre, elle visitait, sous leur toit de misère,
Tous ceux que la famine ou la douleur abat,
Les malades pensifs, gisant sur leur grabat,
La mansarde où languit l'indigence morose ;
Quand, par hasard moins pauvre, elle avait quelque chose,
Elle le partageait à tous comme une sœur ;
Quand elle n'avait rien, elle donnait son cœur.
Calme et grande, elle aimait comme le soleil brille.
Le genre humain pour elle était une famille.
Comme ses trois enfants étaient l'humanité.
Elle criait : progrès ! amour ! fraternité !
Elle ouvrait aux souffrants des horizons sublimes.
Quand Pauline Roland eut commis tous ces crimes,
Le sauveur de l'église et de l'ordre la prit
Et la mit en prison.
Et comme c'est long je m'arrête là...
00:14 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
26 janvier 2009
Chut
Chut
Le soir s'endort comme un pétale
Le soir s'endort ce soir encore
Silencieux et pâle.
Chut
La nuit nous envahit
Douce et belle comme une femme
Joues un peu rosies un peu profanes.
J'achète un silence d'or pour m'en faire des draps
Et m'y rouler comme tous ces chats
Et m'y lover, m'y retrouver,
M'y construire un endroit
à moi.
Chut.
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22 janvier 2009
2O ans de moins ne changerait rien
Perdrai-je bientôt
cette lutte contre la lune
cet appel à moins d'ennui
à moins de nuit?
Souffrirai-je bientôt
De la marque que les Absents
Encore rouge de leurs tourments
Nous gravent sur la peau?
Ecrirai-je une fois encore
Que c'est l'espoir qui m'a sauvée
Moi qui ne vois plus que la mort
Quand mes paupières sont fermées?
Apprendrai-je avec le temps
A moins souffrir du Non-Amour
Que tous ces autres trainent, ignorant
Que leur mépris me joue des tours?
Faudra-t-il avoir Cent ans
Pour penser moins et vivre plus
Prendre en témoin ceux qu'on accuse
Leur pardonner les fuites du temps?
00:58 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
18 janvier 2009
Peut-être rien
Je ne serai pas sur la route
Quand tu te retourneras.
Je ne reviendrai pas non plus
Sur l'histoire de notre
trépas.
Effluve
Sur l'asphalte
Notes de piano sur le blanc et le noir des chemins sans roseau
Sans lumière,
sans panneau.
Et puis la nuit tout simplement
Nous avale tout cru
Je disparais, tu vois, dans l'horizon sans éclat
Je veux être néant pour ne pas être à toi
Je veux être poussière pour ne plus vivre
en rabat;
Je ne serai déjà plus là,
Quand tremblant finalement tu me chercheras
Sans aucun souvenir de ma peau, de mes yeux, de ma voix
Sans aucun repère en plein milieu du bois
Au mieux, hululement
Au mieux, cri du dedans
Mais aucune trace de moi.
Plaisir d'être air
Sentir frémir le violon d'hier
Et n'en garder que le beau
N'en
garder
que
le beau.
16:28 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
carcan de minuit (nerval avale moi)
Carcan
Je l'ai écrit partout je crois
Sans fléchir, sans le saisir.
Carcan par ci carcan par là.
Fureur au dehors de moi, dans les herbes hautes de ma maison de bois, c'est le vent qui s'agrippe à la terre et la jette sur ma fenêtre. En boue la terre contre ma rêverie de plein air.
On dirait des cris d'où je les vois, et je suis fatiguée d'avoir peur de tout autre que moi alors je ris plus fort que le vacarme qui finalement
je n'en sais rien
sort tout juste de moi.
Ta colère me dit-il, ta colère jette là
Fais-en des bandeaux des bannières des slogans, je ne sais pas;
ma colère profonde dans ce vent de nuit, ce mistral édenté éhonté de s'épencher
Carcan, ai-je écrit, plus d'une fois, sans que cela ne veuille rien dire.
Carcan de minuit, titre débile pour un texte-soupir
Dehors il ne fait pas moins froid.
01:42 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
17 janvier 2009
Trève?
- bah, t'écris rien?
- ben...non. C't'a dire que...je sais pas trop quoi.
-Ouais mais non, écris.
-Oui je sais m'enfin...y'a rien tu vois, j'ai rien en moi là, y'a pas de mot.
-T'abuses.
-y'a pas de mot je te dis.
23:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11 janvier 2009
La complainte des révisions
D'une pièce à l'autre
Du rire aux larmes
Je vogue, sirène idiote
Sur une vague d'alarmes.
Doutes et doutes, redoutes
Coulent à flot sans trouver de bouée,
De bateau auquel s'attacher.
Je flane, gémis
Crie à qui mieux mieux que je rate ma vie
Je traine, m'ennuie
Evite mes livres avec génie...
J'ai froid, très froid
J'ai mal très mal
Je suis pénible, si pénible!
Que plus personne n'écoute mes jérémiades...
22:04 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
04 janvier 2009
2009 et je t'aime
Tout y est:
L'odeur de ta peau dirigeant mes sens
Tes mots recto verso emplis d'innocence
Ton visage divin à la face du monde
Toujours sage et serein
Ta caresse comme une onde.
Tout y est pour être heureux à plein temps
Ton sourire sans revers
Tes yeux verts pour languir
Tes épaules d'homme de fer
Les mystères de ta paume.
Tout y est pour constuire l'avenir
Ta confiance ton essence
Mon amour
Ma croyance
Tes idées ton désir
Ma naiveté
Et mon dire.
Tout y est
Notre bonheur
Cette maison en papier
Maché
par la douceur.
00:12 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
