29 décembre 2008

Chopin ma plume s'emballe

D'ombre

Nos mots nos joies

Nos yeux si tristes parfois.

 

Peau qui frôle le taffetas

Rien n'est moins bon à boire

Que les lettres aux mille pourquoi.

 

D'ambre

Nos nuits d'adolescents

A baptiser nos corps

De baisers embrasants

 

Coeur qui pleure l'autrefois

Rien n'est plus sombre que de croire

Que c'est toujours un peu de nous

qui s'en va.

 

D'anges

Nos têtes reposées la nuit venue

Quand le jour ne nous

tiraille plus.

 

Plume qui frotte son émoi

Sur le papier blanc comme soi

Que l'on assoit sur de la soie.

 

Rien n'est plus beau que le piano

Qui vous dérobe l'en dedans

Pour le couvrir de doux échos

Pour le chérir sa vie durant.

23 décembre 2008

My sweet nightmare V

Chacune de mes dents

Reluisait du sang

De fantomes, de qui?

d'absents.

 

Le goût du néant dans la bouche

J'avançais sans foi vers la douleur souche

Celle qui me rongeait le ventre

De sa sonorité puante.

 

Ma nuit sur le mont chauve

Pensais-je

Sorcières, flammes encore chaudes

ou sortilèges.

 

Un violon dérapait sur le fil

Des parques et c'était

La médolie sénile

D'une nuit hantée.

 

Des images défilaient

Dans les buissons les plus ardents

Pans, des mages, des fées

Dansaient sur le rythme épuisant.

 

C'était la cour du roi d'enfer

Mais je ne savais pas alors

Vers quel démiurge, quel père

Me menait ce cortège mort.

 

Y avait-il un maître derrière la scène

Voulant de moi plus que ma vie

Plus que l'effroi

Voulant voir dans mes yeux l'onde jolie

De la frayeur tout en éclat?

 

Je l'ignorais, je ne marchais plus

Déjà.

Je m'avançais sur un talus

Froid.

 

La mort m'appelait de sa voix

De friture et de moisi

D'un chant suant des bois

D'un air sans poésie.

 

21 décembre 2008

L'encre d'encore

Chine

L'encre dans le creux de ta main

Ma belle du soir

Mon encore vive

 

Feuille ésseulée du jeune matin.

 

L'encre d'encore

Coule sur ton corps

Comme une eau fluide.

 

Et tu pétilles

Mon encore vive

Jusqu'aux confins de toute abîme

Raisonnante

Au coeur des âmes amantes.

 

Nuit

L'encre sur ta joue comme un fard acajou

Poupée de sens poupée d'encens

Vidée d'essence la lune venant.

 

Je veux t'écrire

A l'encre d'encore

Mon encore vive

Au souffle fort.

 

Venise

L'encre sur tes jambes de promise

Diluée dans le charme de tes aisances

Dans ce sourire qui s'éternise.

 

L'encre d'encore

Sur ta peau de muse

Qui dort.

20 décembre 2008

Loin de l'abbaye la nostalgie

 

Mélancolie

De cette salle

au sol mou

Au grand miroir

Aux grandes fenêtres.

 

Où nous jouions, rions, grognions. Où nous avions 18ans, où nous nous adorions dans la simplicité du quotidien.

De toutes les images de quiétude, je ne retiendrai que la salle de théâtre du haut. Celle qui nous coupait du monde, des autres, du commun. Nous bousculait dans un ailleurs de rêve, de calme serein.

Où nous ne jouions pas parfois. Enlevions juste nos chaussures, pour nous allonger, nous allonger et respirer.

Improviser.

 

Alors la vie entière ressemblait à une grosse gourmandise, à un jeu de sept familles. Alors rien n'était compliqué.

Confinées comme des princesses dans notre salle surelevée, nous étions dans un cocon de volupté.

Platonov se souviendra, je crois, des chansons qu'on inventait.

Et ces instants saisis aujourd'hui me sont d'une préciosité infinie.

Ils me ramènent à nous.

Ils me ramènent à moi.

 

Je ferme alors la salle et emporte sur moi suffisament de tout cela pour continuer.

Et je continue, toujours la même, aussi naive et lissée.

Je continue avec la salle de théâtre dans le revers de ma veste, persuadée de ne jamais pouvoir l'oublier.

Louise

Louise.

Ton visage est rongé par la petite lumière de la chambre. Tu es belle, en déesse nimbée de poussière.

Tes jupons cachent tes jambes de poupée chinoise

Ils te rendent plus frivole, plus légère, plus jolie

Délicieuse dans l'ombre d'où je te toise.

 

Louise,

tu me regardes sans me regarder

Me souris

par habitude tu me souris et je ris mieux

De ta paleur, de tes manières

De tes petits pieds de danseuses faisant des ronds dans l'air.

De la douceur avec laquelle tu es ma femme.

 

Louise

Je te veux Louise je te veux pour chaque délice

A chaque seconde Louise je te veux

Et dans chaque lieu.

 

Te boire avec les deux lèvres

T'aspirer comme on s'inspire de la sève

T'adorer pour de bon comme une Reine

 

Louise

Des boucles rondes et rouge-flamme

Tes mots murmurés au milieu de la nuit

Ces mots, toujours vrais

Racontés par ma Louise endormie.

 

Je te déguste ma Louise dans le reflet du soir

Dans le bonté des jours d'espoir

Dans le caresse de l'alcôve noire.

 

 

 

150ème note...Déjà....

Merci beaucoup à vous tous de me soutenir dans mes émois!

19 décembre 2008

Un merveilleux conte de Noel

-Jean, t'as foutu où la basse?

-mffffgfffh.

-ah.

-ouais.


-t'es con, Jean. T'es moche aussi mais t'es surtout con.

-Je l'ai mangée ta basse je voulais que ça résonne en moi tu vois. Ca l'a bien fait sur le coup et pis plus rien.

-mais surtout con. Surtout très con.

-pis je voulais pas t'encombrer avec c'te daube, c'que tu fais avec ça c'est pas moral, je me suis dit Jean faut que t'arrêtes ça. J'étais un peu le mec qui débarque devant les chars, j'étais un peu Jean Moulin en fait.

- t'es surtout con. J'en ai marre.

-Ouais?

-Ouais.

-Ah.


-tu viens?

-bah!on est bien ici! T'as vu la Nini elle s'emmerde pas! C'est sympa par chez elle c'est vraiment  une gonzesse.

-ouais mais c'est une gonzesse qui va te péter la tronche si tu dégages pas de son blog.

 

 

Et puis qu'est-ce que vous foutez encore là, 'foirés!!!

Retournez chez Jérome B!!!


Et à la run!

16 décembre 2008

Echarpe

Echarpe en coton de passé

Nous enserrant le cou l'hiver durant

Nous piquant parfois, nous disant:

"Je suis toujours un peu là le temps passant".

 

Nous rappelle à nos actes manqués

A nos belles victoires de jeunes effrontés

A nos morts, à nos amis au dos tourné

A celle qui était Moi et qui n'est plus qu'Elle.

 

Nous ravise dans nos élans de gloire

De passion, d'amour sans espoir

D'illusions perdues.

 

Nous apprend qu'Hier est plus vivant qu'aujourd'hui

Que rien ne meurt dans ce que l'on vit.

L'écharpe est là, chaude et berçante

Prend notre coeur en bandoulière dans la clarté brulante

Des jours sans chaleur.

12 décembre 2008

L'ailleurs sans lune I

Je m'éveillai

En voyage vers d'autres ailleurs

D'aveugles terres de chaleur.

 

Je ne savais

Ni la raison

Ni la couleur

Ni les saisons

De mes erreurs.

 

J'avais quitté

La vie sauvage

Apprivoisé

Colère et rage.

 

J'avais voulu

Fuir l'inepsie

Fuir l'absolu

De mes acquis.

 

Je m'éveillai

Dans la lumière

Et la clarté

D'une nouvelle mer.

 

J'avais appris

A ne plus te voir

Dans chaque regard,

 

Dans chaque hasard.

 

J'avais trouvé

La force du dire

Et de ne plus

revenir.

 

Je m'éveillai

A mille à l'heure

Je m'éveillai

Loin de ton heure.

 

J'avais alors

Le sentiment

D'avoir erré

Pendant mille ans.

11 décembre 2008

Deux vies.

La vie avait deux vies

Deux couleurs

Deux frères ennemis

 

Deux faces du monde.


Sur la première:

Le ciel

La mer

L'espace si clair.

Des cataractes de jouvence, des êtres de lumière bercés d'enfance.

Des rires.

De l'ignorance.

De la fragilité la plus pure et la plus précieuse

La naiveté incandescente des jeunes filles pieuses.

Des dieux, oui des dieux, dans le firmament

Filaments d'étoiles virevoltants:

La vie gonflée de sens.

 

 

 

 

 

Sur la seconde:

L'ennui

La terre

L'oubli.

La vérité,                 aussi.

Des monstres aux cent têtes baignant dans l'agnostique Styx

Des succubes qui allaitent des enfants squelettiques

Des piques, des flammes, des feux

Ceux qui consument l'âme en brulant la rétine des yeux.

Des larmes

La connaissance maussade

La gravité, la pesanteur,

Des idées noires régnant en choeur.

Des cris, des coups

La mort, surtout.

 


La vie avait deux vies

Deux visages, deux aspects

Deux nids.

 

09 décembre 2008

T'écrire

T'ai vue

T'ai embrassée

T'ai demandé comment ça va.

 

T'ai montré mes cheveux

T'ai parlé de ton fils

Est-ce qu'il va un peu mieux?

 

T'ai entendu rire

"C'est ma bru" à travers la rue

Sourire, fumer, sourire

Me regarder.

 

Ai voulu t'acheter des fleurs

Ne sais pas pourquoi

Mais

Ne l'ai pas fait.

 

Des roses blanches

Pas chères en plus

Voulais vraiment te les acheter

 

Ne l'ai pas fait.

 

T'ai revue

 

 

T'ai déposé les roses

Sur ton manteau de bois

 

T'ai déposé les roses

 

Pour la dernière fois.

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