28 septembre 2008
Passants
Passe
un enfant
Je ne veux pas m'occuper des enfants
un homme
Je ne veux jamais me marier
un artiste
Je ne sais rien créer
un couple
Je ne sais pas aimer
un fleuriste
Je ne connais aucune fleur
un clochard
Je ne peux rien lui donner
un commercial
Je ne veux pas porte à porter
un savant
Je ne sais rien
un enfant
encore un.
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25 septembre 2008
Mademoiselle Morgane
L'air était humide et brumeux, enveloppant comme de la laine.
Par la fenêtre elle entendait le monde s'activer.
Elle se sentait terriblement en dehors de cela.
En dehors de toute machinerie, en dehors de tout mécanisme.
Et pourtant, pensa-t-elle, et pourtant!! Elle n'avait jamais été si engluée dans le Système. Sa vie, ses habitudes, ses amours, ses goûts -jusqu'à ses goûts!-tout était exactement comme le monde voulait que ce soit.
Elle était lisse, pâle, et coincée au milieu d'un torrent. Immobile au milieu des courants.
Incertaine, effacée comme une mauvaise esquisse.
Elle ne savait plus rien. Ses quêtes, ses désirs, ses espoirs l'avaient mené dans un gouffre de questionnements, de remarques acides, d'interrogation permanente.
Elle était lasse de l'ensemble de l'Etre, épuisée, tendue, crispée.
Elle n'imaginait plus les montagnes derrière les immeubles en vis-à-vis, elle n'essayait plus de se souvenir du bruit de la mer quand elle souhaitait s'évader.
Personne ne s'évade, c'était sa réponse au monde.
Personne ne se désinhibe, personne n'oublie les marques incolores que fait la vie au creux des veines.
Silencieuse au milieu des meubles de sa vie, elle voulait simplement mettre le monde en pause, le temps de retrouver, là quelque part au fond des malles, ou ailleurs -il fallait qu'elle s'en aille!!-les forces qui poussent à continuer.
Continuer, même si, pensa-t-elle, personne ne s'évade.
19:48 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
23 septembre 2008
Ma cabane au Canada
23:43 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
20 septembre 2008
Maybe I should stop
Au creux des soirs il ne me reste plus que l'insolence. Que le cri sourd et muet, transperçant, de la chouette qui ne dort pas. Que l'amitié en lambeau gribouillée dans mes chroniques tertiennes.
Au creux des soirs il ne me reste plus que faiblesse, timidité, rancoeur et douleurs.
Que la voix de ceux qui m'ont dissoute. Que l'image brouillée des efforts restés en soute.
Que la paresse, que la musique en crépillement, que l'idiotie.
Aucun lumière ne brille à ma fenêtre. Aucun autre ne se laisse contempler, aucun autre.
Il ne me reste que ma langue lourde, mes paupières sourdes, mes mains sales.
Le masque tombe, et le bleu des cernes m'encercle, m'étouffe.
Quand les yeux se ferment sur mon monde je m'imagine baignant dans une mer immense et verte.
Baignant sans air, ignorant chaque cellule d'atmosphère.
Il ne me reste que mes projets
Fous, jeunes, impossibles
Epuisés sur le plancher
Mourant d'absence d'écho.
Mourant d'absence d'écho.
22:27 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
17 septembre 2008
Paris palpite
Paris palpite
L'éboueur s'ébouillante
Au milieu de ses douleurs
La gazette gazouille
Au creux des mains qui touillent la touillette
Qui se baignent dans le café tout fait.
Paris palpite.
L'aurore s'endort
Après avoir faire son boulot
Chatouillant les bouleaux
Du bois de Boulogne
Les déboires des ivrognes.
L'agent agence
Et circule au milieu du grand cirque (ul)
Il contrôle joue son rôle enrôle enjôle
Regarde les hommes en jaune.
Paris palpite.
Les hommes en jaune
Embaument des rames de tram
Sous l'asphalte de Paname
Les belles s'appellent entre elles
Minaudent et miaulent
Comme tous ces mômes
Que l'on voit mimer au loin
Toujours dans le flou, toujours dans le foin.
Paris palpite
Les hommes d'affaire
S'affairent à flairer ce qui fleurit
Sans se défaire
Les serpents se cachent
Dans les cales des bateaux
qui s'abbatent en amas
Mais sifflent sans fin
leur chant séraphin
Et le Corneille dit
"Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes?"
Un savant au collège
Savonne ses collègues
Le nec plus ultra
Des mecs bien sympas
Cultivé et drôle
Mal garé rue du Rôle.
Paris palpite
Des amoureux
Battent du coeur deux par deux
S'appellent mon ange mon loup ma frange
Mon chou bijou chouchou caillou genou
Mon gnou, si ça t'arrange.
Les mamies s'emmitouflent
Dans leurs laines perdent haleine
S'essouflent à dire ouf!
Soyons vieilles mais sereines.
Paris palpite
Les chats s'échappent sans maudire
Ils mangent toujours les sachets
Qu'on leur ouvre sans mot dire
Ils savent toujours qu'il faut que nous sachions
Qu'ils sont chats et c'est tout
Qu'ils sont chats pour de bon.
La lune s'accroche à la roche
Et se tait tout le jour
Au petit soir se décroche
Pour luner sans détour
Paris palpite
Je parie qu'au fond
Paris s'effrite.
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14 septembre 2008
( )
Je me sens parfois
Le coeur à aimer tout un monde
Un paquet de six milliards d'entre nous
Sans faire de différence quelconque.
L'envie de prendre l'ensemble des mains tendues
De relever la tête de ceux qui l'ont baissée
D'aimer, à moi seule, tous ceux qui ont seulement beoin d'être aimés
Sécher les larmes des paumés, des aisés, des héritiers
Des policiers.
L'envie de rire à chaque blague
De répondre à chaque appel de chaque coeur
A chaque message de chaque chanteur
De serrer dans me bras ceux qui m'ont émerveillée
Amies, danseurs, trapézistes, fées
Tantes, frères, amour, alliés
Idiots, fous, crétins blasés.
De peindre avec mes mains
Ce que fait de mieux
L'être humain
Parce que la toile n'est pas seulement noire
Et qu'une fois qu'on peut voir le vert, le rose, l'ivoire
Nos yeux s'ouvrent
Et l'on peut enfin croire.
Et les arlequins tristes qui rient sous cape
A gribouiller sur mon front que je suis naive stupide risible
Ne savent pas que l'exercice le plus âpre
Est de comprendre et panser
ce qui paraît grossièrement
et seulement
répréhensible.
23:37 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
12 septembre 2008
Avant l'automne
Automne
Mon amour il faut déja rentrer
Et penser à se refaire avant l'hiver
Après cet été trop brulant.
Automne
Mon amour si tu crois que c'est trop tôt
Je le vois pourtant courire à ma fenêtre
Il a ton coeur entre les mains
Et le mien entre ses dents.
Automne
Mon amour sans pouvoir ni crier ni pleurer
Ni espérer ni croire ni savoir
Sans pouvoir courir pour échapper
Au spleen d'une saison
gelée.
Automne mon amour
Et le spleen défait ses valises tranquillement.
18:58 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10 septembre 2008
L'inconnu
Nuque raide
Et solide
Gravée d'histoires
Belles ou futiles
Corps inconnu
Presque anonyme
Que rien n'annule
Que rien ne livre
Regard taciturne
A la lumière la plus nocturne
Qui ne veut rien dire
Que l'essentiel, que le
Sentir.
Immobilité en forme d'apostrophe
Sensualité de la peau anamorphe
Etrangère, brillante et sensible.
Voyage vers l'inconnu
Plus long que toute une vie
Plus précieux, plus rempli
L'inconnu
Celui qu'on aime
Puis qu'on oublie
00:06 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08 septembre 2008
My sweet nightmare III
Grise
La porte qui n'ouvre sur rien
Froide et triste
Violente au sein.
Froide
La plaque de métal
Sur laquelle le corps s'efforce
A rompre l'idéal
Des courbes sans amorce.
Gémissante
L'apre pluie qui s'appuie
Sur le sol boueux
Et crisse de toute sa voix
De tout son mieux.
Blafarde
L'ombre dégoutante
De la lumière sur les parois
Glissantes.
Lourd
Le sommeil peintre
Affreux blagueur
Triste conteur.
14:52 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01 septembre 2008
Nous n'irons pas plus loin--épilogue--
La mer fait ses mouvements de va-et-vient.
Du maitre et de l'élève, il ne reste plus rien.
Il n'y a plus que l'écume par dessus le sable
Et la lune en ban de brume qui s'étale sur le rivage.
Du maitre ou de l'élève
Il ne reste
Plus rien
Que la honte et la peur qui se soulève
Quand la nuit les retient.
-Je reviens.
-Moi aussi
-Je m'excuse
-Moi aussi
-et je te pardonne
-Moi aussi.
-Pour n'avoir pas été
-PLus fort
-plus grand
-plus beau
-plus digne de t...
-De toi
-de toi.
-Pour n'avoir été que ton...
-que ton élève
-...maitre
-sans passer p...
-par toi.
- ...ar toi
-Pour t'avoir perdu
-sur la route
-comme un manant
-Mais la vérité c'était que...
-J'étais plus perdu que toi.
-Mais la vérité c'était que
-Le maitre c'était...t
-Toi
-Bien toi.
-Maintenant que je sais où vont les arbres quand la noirceur les engloutit je reviens près du frère qui jadis m'a tout appris.
-Maintenant que j'ai gouté les ténèbres de tout mon appetit, que je sais mieux que personne qu'éloigner l'être aimé c'est quitter le paradis, j...
-Je peux revenir
-...e peux revenir.
-et oublier
-et t'adorer com...
-comme je l'ai toujours fait!
-...me je l'ai toujours fait.
-ëtre ton frère
-et rien de moins
-car ce fut mon plus bel honneur
-Même quand tu étais loin.
Du maître ou de l'élève, il ne reste plus rien
Il n'y a plus que deux frères,
Au mieux, deux témoins
Qui s'apprennent chacun
Ce que la vie rejette
et ce que l'enfer retient.
20:49 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note

