30 juillet 2008
L'automne à Montréal
J'imagine la couleur que doivent avoir les feuilles
De l'automne à Montréal.
J'aimerais marcher, parapluie sur la tête
Le long des fleuves
Le long des mers
et des ailleurs.
Mettre des bottes
Pour sauter en plein dans les flaques
Avec deux gosses
Qui comprennent pas pourquoi on chiale
Le soir venu.
Ne rien prendre en bagage
Que l'espoir de ne plus se perdre
Que l'envie d'y croire
Encore une fois.
Ce sera déjà lourd
De me transporter ,moi
Avec mes brulures et mes rancoeurs
Mes douceurs et mes humeurs
Mes blessures et toutes mes soeurs.
J'aimerais savoir s'il fait vraiment froid
Au bout du bout des montagnes du monde
Et puis même si c'est pas de moi
Et que mes mots ne riment pas
Je reviendrai à Montréal
Me marier avec l'hiver.
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29 juillet 2008
Tout a commencé...
-Raconte moi une histoire d'amour!
-T'es chiante, j'en connais pas.
-Allez! Un truc beau, qui fait vibrer quoi! Une histoire d'amour, d'amitié compliquée, de jours sombres ou enchantés, de hyde park en plein été! Dessine moi un cadre, mets-y des couleurs, peind moi les sentiments peind moi l'automne ou le printemps! Je m'en fouts, c'est juste que j'arrive pas à dormir, je suis asséchée là.
-T'as soif?
-D'idées. Oui j'ai soif d'idée. Fais moi boire, allez fais moi boire!!
-T'es chiante, t'es vraiment chiante! Je suis nul je te dis.
-Je m'en fous.
....
-Alors, tu vois, c'était il y a longtemps...
22:17 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Rue des pas perdus (penchant niais)
Elle s'était assise silencieusement en face de lui.
Elle lui reconnaissait cet air préoccupé, ce même air qui l'avait séduite dix ans plutôt. Et le même journal devant les yeux.
Mais désormais...elle ne savait plus.
Peut-être que le temps avait tout remballer. Peut-être que l'amour était passé et que ses effets s'étaient essouflés.
Elle ne savait pas.
-On devrait partir, lança-t-il alors, propulsant au milieu du silence sa voix graveleuse.
Elle était prise au dépourvu. Elle pensait qu'il lirait son journal, simplement, habituellement, et qu'elle pourrait se baigner de longues heures dans la quiétude de l'appartement sans bruit. Elle n'avait pas prévu cette interruption qui venait d'escalader le haut du journal pour venir s'accrocher à son visage.
Elle était bloquée. Elle aimait de coutume ce qui était prévisible et calculé.
Il baissa son journal et la fixa. Elle ne sut jamais l'expliquer, mais elle eut peur.
-Partir pour de bon, toi et moi. On a pas d'enfant, est-ce que tu entends ça? On a même pas d'enfant.
Non elle ne comprenait pas. Il n'en avait jamais demandé, elle n'en avait jamais parlé. Mais subitement le manque d'enfant creusait le fossé entre eux deux. Elle ne disait rien, pour ne pas paroler l'incompréhension qui l"harnachait.
-En Australie ou...je ne sais pas, en Amérique! Dans un endroit plus grand, où on aura de la place, dans un endroit plus loin, plus ailleurs qu'ici.
Ailleurs, juste ailleurs. Pas ici, tu vois.
Non bien sûr elle ne voyait pas! Elle croyait que tout lui suffisait, qu'il était heureux comme ça! Bien sûr que ce n'était pas épanouissant, mais elle, elle avai cru dans son regard que c'était l'idéal et elle s'était accrochée à ça comme à un rêve d'enfant. Elle bouillait.
-Je voudrais t'aimer autrement.
...
Il avait dit ça sincérement, sur un ton qu'elle ne lui connaissait pas. Elle tremblait.
Car sans doute que c'était ce qu'elle attendait depuis longtemps, si bien qu'elle avait finit par ne plus l'attendre. L'aimer autrement...C'était ça qu'il leur fallait, oui. Avoir des enfants peut-être aussi. Alors était-ce vrai, était-ce bien un petit pas vers le bonheur que venait de faire celui qui n'était plus qu'un ombre, plus qu'un fantôme, presque déjà un souvenir?
Elle n'osait plus. A vingt ans peut-être elle lui aurait sauté dans les bras. Mais le tact lui manquait à présent. Et sa fierté avait poussé comme du chiendent.
Pourtant il la regardait toujours avec des yeux ardents. Il semblait bruler d'une envie mordante de renouveau, d'amour, de joie, de vie en grand, et d'enfants...Il était beau comme jamais, et il paraissait dans son coeur battant à tout rompre qu'elle l'aimait bien plus qu'avant.
Si elle ne disait rien, ce serait la fin.
Mais que dire en un moment si intense??? Le temps manquait, l'inspiration aussi. Et parce que certaines humeurs ne se disent pas, elle lança un vague:
-okay. Ca me va.
Sa voix s'était cassée à mi-chemin. La honte la prit. "Okay. Ca me va"???
Il te dit les mots qui sauvent, les mots qu'on attend pas, et toi, ça te va??? Idiote! Sombre idiote! C'est bien plus que ça! Ca te soulage, ça t'embellit, ça te fait sourire au fond, ça te donne des envies! Ca t'ouvre des portes, ça t'éclaircit!Oui, ça te sauve.
Elle esquissa un sourire timide.
Il la regardait encore. A présent ses traits étaient détendus.
Il ne la connaissait pas comme ça, elle, toujours armée de certitudes, d'habitudes, de repliques acides, de regards tenaces.
Elle l'amazone, sublime guerrière, baissait les yeux et esquivait.
Là où elle voyait une erreur grave, il voyait un grand miracle.
-On part...
-Demain.
Silence...Elle releva ses yeux pour trouver les siens. Puis elle sourit.
Le bonheur, enfin.
14:11 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28 juillet 2008
C'est ça, l'Idée!
Be The cHanGe YoU wANT To See IN ThE wOrlD
(gandhi)
19:48 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26 juillet 2008
Complainte de l'ancêtre
La journée passe sur fond de néant.
La journée passe, comme tous ces gens.
Les rides creusent sur la peau ces fossés indélébiles
Et marquent cette terre aride de la dureté du temps.
Il faut partir,
Pour ceux qui sont beaucoup restés,
Il faut partir,
Et tout quitter.
Il faut attendre
Sans plus d'effort
Sans l'envie d'entendre
La voix de ceux qui sont plus forts.
Il faut mourir
Ce soir, demain,
Sans espoir
Sans voir loin.
Il faut partir
Sans bruit,
Et sans témoin.
Dans la langueur et la chaleur
Des jours d'été
Il faut oublier la douceur
Des nouveaux nés.
Le temps s'étend comme une toile
Et tend le piège de l'étoile
Sous le pied de celui qui a vieilli
Et qui s'est vidé de vie.
Il faut mourir
Reposer l'envie
Il faut mourir
Et c'est ainsi.
14:16 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24 juillet 2008
I lost my babies
Vos mains
Vos yeux
Petits, petits,
Radieux
Vos yeux...
Vos rires
Niaiseux
Aigus, aigus,
Tanants
Heureux.
Votre mère
Belle
Donnante
Chantante
Sereine.
Votre père
Aimant
Savant
Enfant:
Petit
Enfant...
Vos beaux jours
A la banane
Au chocolat
Aux douces heures pâles
Du soleil qui s'en va
Vos jambes
Tremblantes
Quand vous courrez
Le long des pentes
Vos pensées
Fragiles et drôles
Bleues et vertes
Mais pas roses.
Et votre tête
Sur mon épaule
Votre tête...
Drôle de rôle.
Puis...
Vos reflets
Sur les vitres
De l'avion
Qui part
Trop tôt...
Mais trop tard...
Et puis plus tard,
Aurait encore été trop tôt.
Puis...
Moi
Qui vous tend la main
-De trop loin-
Moi qui vous aime
Calmement
D'ici
Mais jamais moins.
Ah je ne peux vivre sans toi
Et je ne peux vivre avec toi
Tu peux très bien vivre sans moi
Je suis foutue dans les deux cas.
I lost my babies.
22:59 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
20 juillet 2008
Entre rêve et réel
Mes yeux se ferment et alors je crois avoir rêvé.
Est-ce possible? Aurais-je rêvé?
Aurais-je inventé ces ombres qui me tirent les larmes ce soir?
Aurais-je moi-même dessiner à la craie le bonheur de ce beau mois d'été?
Non.
Vous savez comme moi qu'au delà d'un rêve il y avait le vrai.
Le vrai bonheur, les vrais sourires, les vraies odeurs de la vie à engloutir.
Vous savez comme moi que ce genre de choses se cachent au coin du coeur pour toujours.
Que quand l'amour est passé par là, la langue en garde le gout sourd.
Vous avez vu comme moi le ciel dégagé au dessus de nos têtes
Vous avez rit, contre moi, avec moi, pour ou par moi, vous avez rit de joie.
Vous savez comme moi qu'un telle euphorie ne se rêve pas. Elle se vit, simplement, doucement, tendrement.
Et nous l'avons vu danser,
vous et moi,
Au coeur d'un été québecois.
Merci.
22:20 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
14 juillet 2008
L'écrivant
Parfois il n'y a rien à dire.
Alors le taciturne avec complaisance se tait. L'écrivant, lui, boue d'un silence trop parfait. Il reste, silencieux et dépassé, devant la feuille blanche qui ne veut rien dévoiler.
Il s'inquiète, il s'endort, il tourne en rond, il écoute.
Il écoute mais il n'entend rien. Quelques bouts de phrase qui ne divulguent pas leur sens, au mieux. Du mystère, que du mystère.
Il voudrait écrire la complainte de l'âme muette, mais de manière très logique, rien n'en ressort.
A quoi bon les mots, s'était demandé l'écrivant, au hasard d'une soirée trop froide.
Les mots pour vivre. C'était sa réponse. Car ce chômage forcé le tuerait à petit feu.
Les mots pour vivre et pour dire que l'on vit. Les mots pour décrire, pour apprivoiser l'immense monde exigeant.
Les mots pour ne pas sombrer face à l'indifférence, face au vrai, face à nos propres existences.
Les mots comme béquille pour celui qui tient mal debout, les mot comme parapluie pour celui que la pluie dégoute.
L'écrivant sait bien que ce sont les mots qui l'écrivent.
Et certains soirs de dérive il les implore de revenir le combler de leurs griffes.
Et certains dimanches de pluie il cherche à sortir du silence.
Mais les mots sont partis, lassés, trop grands ou trop petits. Les mots aussi se font la malle, et l'écrivant n'a plus qu'à s'inventer sans eux.
Et l'écrivant n'a plus qu'à essuyer d'un coup de la main ses deux yeux.
Il n'a plus qu'à attendre
Et à espérer
Dans le calme et l'attente
Dans la peur et la simplicité.
00:10 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
12 juillet 2008
Rencontre
Banc calme
Dans le parc des âmes.
Il s'asseoit. Elle aussi. Il est jeune, si jeune, lui et ses pommettes rosées par la jeunesse éveillée, ses grandes jambes à découvert, son regard éclairé par on ne sait quelle lumière fruitée.
Elle est vieille, plutôt vieille, plutôt pas encore sénile, plutôt coquette, complètement envahie par le goût de la vie.
Elle est fatiguée, elle s'assied.
Il est lassé de marcher, il s'assied.
Silence.
Ne nous voyons
Jamais.
Ignorons nous juste un peu
Juste toujours
Partageons un banc
Partageons-le
Simplement.
Elle pense à Bouvard et Pécuchet
Il pense à ne pas rire de son air niais
Ils sourient.
Le même banc
Le même instant
De deux vies
Différentes.
Il fixe son genou
Laid, écorché, rouge
Mais doux.
Elle caresse l'alliance
Qu'elle aurait du jeter
Sans douleur ni méfiance
Mais qui reste pourtant
Sur son doigt ridulé.
Puis elle regarde son genou rouge
Quand il regarde son alliance blanche.
Les yeux se croisent
Enfin
Les yeux s'accrochent
Sans fin.
Ses yeux sont verts
Les siens sont bleus.
Magie d'une mer
Qui croise les cieux.
Ils sourient. Encore.
Puis il rit. Sans plus s'arrêter, il rit, la regarde, et rit, rit de cette circonstance, de ses genoux laids, de l'alliance d'une femme seule, de l'air chaud qui les a liés pour quelques instants-de rire-.
Elle ne rit pas. Pas encore. Elle est choquée.
Un peu.
Et tentée.
Surtout.
Et puis merde:
Elle rit!
Pour de bon, elle rit, elle rit sans fin, d'un rire leste et divin, d'un rire d'enfant
Et entendre ton rire
Comme on entend la mer
S'arrêter repartir en arrière
L'heure pourtant a continué d'avancer
Dans sa course solitaire
Et les enfants attendent
Et Julie attend.
Il se lève
Elle aussi
Il part à gauche
Elle aussi
Mais décide d'aller par la droite
Finalement.
Ils s'éloignent
Sans un regard
Pour l'alter ego
Du rire hilare.
Dans sa tête il pense:
adieu!
Dans sa tête elle pense:
A demain!
Et puis merde,
il pense finalement:
à demain!
Pendant qu'elle pense, main sur le coeur
Coeur vers le loin:
ou à jamais, qui sait?
C'est une belle journée...
03:21 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
08 juillet 2008
Blabla vide nocturne
Ne pleure pas
Feuille au vent
Ecoute plutôt le bruit
Que font les rêves d'enfants!
Ne pleure pas
Belle fougère
Accueille plutôt la nuit
Sur ton lit de poussière!
Silence de plume
Sur l'horizon
Ne pleure pas!
Ma libellule
Ne pleure pas!
Sans une raison.
Boum-boum nocturne
La forêt bas son plein
Et derrière les dunes
Le ciel s'est éteint.
Ne pleure pas
Aurore trop pâle!
Colore plutôt tes bras
De roses
Aux yeux d'opale
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