17 mai 2008
No title (no meaning)
On se serait perdu dans ces innombrables forêts
Si nous n'avions pas su
Suivre le murmure qui disait:
"Viens, viens!
Marche ou meurt
Crée ou craque."
Viens, Viens
N'aie pas peur
De suivre le son sans ampleur
Du monde qui attaque".
On se serait perdu
Si la main de l'Autre ne nous avait pas trouvés.
L'Autre, enfer paradoxal
L'Autre amoureux si fatal.
Et à la forêt de crier:
"Viens, viens,
Apporte moi de l'eau de ton corps
Pour faire pousser mes arbres
Pour faire couler ma sève
Me faire baisser les larmes".
On serait perdu si nous n'avions pas su compter
Sur le nombre incalculable
D'âmes que nous étions
A chercher
Dans le silence et le froid
Tous, sans aisance, dans la conquête de soi.
Et la forêt qui s'exclame:
"Perdez moi
Pour vous retrouvez,
Perdez-moi, videz-moi
Mangez moi
Pour vous adorer."
Alors dans l'ombre de l'ignorance où nous étions
Nous avons mangé la forêt
Branche par branche, tronc par tronc,
Sans chercher à donné sens
A l'immonde vice qui nous poussait.
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13 mai 2008
Nina-----Portrait d'Une------
Nina lit
Assise sur un nid d'aubépines
et de fruits.
Nina croise les jambes
Dans un silence leste et bleu
L'arbre frémit quand Nina tremble
Au creux de son tronc rugueux.
Nina souffle et sourit
Son rire comme jet de pétales
Arrose l'herbe froide
natale
Qui en rougit.
Nina danse la valse du trois fois rien
Sans bouger,
juste en rêvant
Juste en lisant
des mots anciens.
Nina s'endort tout en douceur
Toute en finesse, tout en splendeur.
Nina s'endort dans la justesse
Des heures tranquilles de sa jeunesse.
23:00 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
10 mai 2008
A naitre
Vois-tu
Il n'y a pas à craindre
Ces heures remplies de silence.
Il suffit d'attendre
Et d'écouter arriver lentement
Un semblant de Renaissance.
Vois-tu
Si ce mot est sur toute bouche
C'est bien qu'il porte sens.
Il n'y a pas à soupirer
Et à se croire malheureux
Il n'y a pas à saupoudrer
Le vide
de nos crachats poussièreux.
Vois-tu
Il y a derrière chaque sentence
Un regain de vie
Un avenir en latence
Un monde qui vit.
Tu n'y crois pas.
Je le sais.
Mais...
Vois-tu
Il y a malgré ta candeur
Et ton extrême ignorance
La trace, la chaleur
D'un monde sans errance.
Un monde à naître
En imminence.
Pour Ceux qui Savent
Et ceux comme toi
Qui n'y croient pas.
A Naître
pourtant
Un monde
de
Foi.
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Un jour de rien
Le temps s'allonge comme une pâte feuilletée.
Délices d'un jour à gouter
Elle traine au lit.
De son navire en oreillers
Elle s'imagine, très amusée,
La longue liste de tout ce qu'elle ne fera pas:
La fête,l'amour, la cuisine, un bébé,
Un choix.
Ellle décide, nocher docile
Qu'aujourd'hui sera
Un jour de rien
Puis elle se rendort sur le fil
Fragile du sommeil sain.
Tu peux dormir
Car aujourd'hui
Il ne se passera rien.
Tu peux frémir
Des heures polies
Où l'on respire, enfin.
Morphée!
Prends la.
15:08 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
08 mai 2008
Nous n'irons pas plus loin--1ère latence--
Le jour se lève
Le jour se couche
Sur cette silhouette
Que rien ne touche.
J'ai bien fait.
Le désert est hostile comme les
Regards des filles.
Le désert à contre-sens
Condamne
Son ignorance.
J'arrive bientôt.
Si je vais tout droit
Je serais bien tôt
Près de chez Moi.
La terre l'écorche, la terre l'avale
Petit Ulysse, petit Gavroche
En pleine cavale.
J'y vais pour moi
Pour ne pas me perdre
Comme il le fait.
Il a tort de croire qu'il sera sauvé.
La Vérité est de mon côté.
Il pleut il vante
Sur ceux qui se sont perdus
La terre s'éventre
Sous ses pas d'ingénu.
Le vent c'est moi qui le crée
Je suis ce Dieu démiurge
Dont parle les Eclairés.
Je suis Homme par dessus toute chose
Je suis Homme, rien ne s'y oppose.
Je rentre pour ne plus avoir à chercher
Pourquoi marcher dans le monde entier
Pourquoi suivre le Sage qui se taît
Quand le silence me fait trembler.
A quoi bon aimer celui
Qui ne me dit pas qui je suis
A quoi bon errer?
...les hommes sont les mêmes partout.
Partout la même pesanteur
Les mêmes yeux railleurs
Les mêmes défis sans fin
Les mêmes gestes
Les mêmes festins.
Partout la haine
Partout les rires
Partout la peine
Les mêmes satires.
Je suis Homme
Je sais comment
Contrer le vent.
Le vent le pousse
Face contre terre
Il mange du sable et tousse
Il mange du sable
Et perd.
La Terre l'enterre
Et la Terre rit:
Pauvre de toi
Qui ne sait rien
Et qui gâche tout.
Le vent sait bien
Bien mieux que toi
Que la solitude
Rend fou.
13:39 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
07 mai 2008
Nous n'irons pas plus loin III
L'eau s'étale tout autour du bateau
Le monde est plat sous ce ciel-boite.
-Tu sais où on va?
-Je crois pas.
-Pourquoi on est là?
-Chut.
-C'est pourtant toi qu'as dit qu'on devait monter sur ce bateau. Tu m'as dit que je comprendrais plus tard. On est plus tard, non?
-Non, on est toujours aujourd'hui.
-Je suis pas sûr que je vais te suivre sur ce coup là. Je crois qu'en fait l'exil c'est pas pour moi. Je préfère cultiver les champs de Fleur-de-Rien, avec Mam. et J., comme avant.
Je sais que ça te conviens pas, c'que je te dis, mais c'est comme ça.
-Tu vas pas partir, c'est sûr, je te connais.
Tu vas faire trois pas en arrière puis trois pas en avant, c'est comme ça que t'avances, c'est ta danse.
-Non. Enfin, je veux dire, oui , pour les trois pas en arrière.
Mais je crois pas que je reviendrai.
Tu me dis toujours tu verras mais je vois rien ça fait des mois qu'on est sur la route et je vois rien. Je voulais croire que t'étais un philosophe, un bien-pensant, un truc comme ça, j'en sais trop rien, mais non.
T'es rien qu'un frère qu'a perdu son chemin. Tu me fais croire comme ya dix ans qu'on a une route à suivre, un but, une destinée à pousuivre. Tu te fous de moi, parce qu'en vrai, c'est toi qu'a besoin de t'en persuader.
Pas de ma faute si t'as tout raté. Il me fatigue ton voyage à travers la Vie.
-Tu le penses pas.
Tu reviendras.
Tu sauras, un jour, je sais pas, peut-être dans quelques mois, tu sauras pourquoi j'ai fait tout ça.
Tu rieras d'avoir pensé que je voulais te rouler.
Tu verras la nécessité de partir colorier le Monde.
Tu sauras que Penser n'est pas un acte immonde
Qu'ils ont tort, ceux qui nous persécutent
De nous dire que la fin est plus proche pour ceux qui luttent
Que les Espoirs poussent mieux à l'intérieur des cages
Que dans les immenses terres sauvages.
Tu apprendras à ton tour
A ceux qui ont les yeux bandés
Que vivre sans Savoir c'est vivre à moitié
Qu'avoir cessé d'y croire signifier s'effacer
S'annuler, se gommer, se retirer
Sur la marge glissante
Des âmes inconsistantes.
Tu sentiras plus tard
Mon sang ne faire qu'un tour dans le tien
Et tu chercheras mon regard
Vers les terres sans fin.
Tu reviendras.
Ce sera la clarté après le brouillard
Le calme après le blizzard.
J'ai hâte Tellement hâte.
Qu'on soit au moins deux à Vivre en vrai.
La mer est calme comme une eau de baignoire
L'écume les baigne de doutes et de remontrances
L'écume ne leur laisse aucune chance
Pour cette fois-ci.
-Pas cette fois-ci.
Dos tourné.
Lequel des deux pense vraiment
Qu'ils n'iront pas plus loin?
00:34 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
05 mai 2008
Amie A-demi
Je t'ai revue
Sur un carré d'asphalte
Tu jonglais avec le ciel
Comme une enfant paumée.
T'étais belle
Quand t'avais pas
Toutes ces ficelles
Autour des bras.
T'étais jolie
Avant d'oublier
Ta drôle de vie
Et de pleurer.
Je t'ai revue
Sous un carré de soleil
Tu comptais
Les nuages pas pareil.
T'étais brillante
Quand t'avais pas
Cette chose collante
Au fond de toi
T'étais riante
Comme les enfants
Aux langue pendantes
Perchés aux bancs.
je te reconnais pas.
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04 mai 2008
Cantique I --La nuit je mens--
Je t'ai vu
Courir au fond
Du chemin
Parsemé de questions.
C'était ton ombre
A demie-peinte
Sur l'écorce sombre
Des arbres-crainte.
Des voix
Au bout du firmament
M'ont montré du doigt
Ta trace s'effaçant
Je t'ai suivi
Sans te voir
Sur la route nocturne
Du Vouloir.
Errance lancinante:
J'avais froid
Dans ce désert
De fougères.
Seule
Sans ton souffle démiurge
Pour éclairer
Mon retour fragile
Vers le refuge.
Tremblant sans bruit
Dans la forêt gelée
Quand j'ai compris:
T'étais pas né.
02:16 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
03 mai 2008
NB:Penser à ne jamais se donner rendez-vous dans dix ans.
Le monde la fatiguait.
C'est ce qu'elle se disait, assise sur le canapé.
Y avait ptèt pas de place pour elle, en fin de compte,
Dans cette belle assemblée.
Va-et-vient des jours identiques
Elle regardait sa vie chaotique
Comme une sacrée mauvaise blague.
Devant le buffet, debout, faisant le beau:
Celui-qu'elle-avait-raté,
Le beau, l'élégant, le riche, l'intriguant
Prince qu'elle avait loupé.
Aujourd'hui le bel homme avait tout pour lui
Il ne l'avait pas, elle, et tant mieux
Car à quoi bon se pourrir la vie
Avec une fille aux cheveux graisseux.
Y en avait pas une qu'avait grossi
De toutes ses amies de lycée
Elles avaient toutes cet air poli
Et ce parfum de femme assurée.
Le monde la fatiguait.
Elle était venue ici en pensant y trouver
L'assurance que sa vie avait bien changé,
Que ceux qui l'humiliaient s'étaient repentis,
Et que ceux qui l'aimaient l'aimeraient encore aujourd'hui.
Elle avait voulu faire de ceci
Un instant bilan de vie
Et en faire sortir au marqueur noir
Sa Vengeance sur les jours noirs.
Mais voilà...
La justice n'existe pas!
Alors, ignorant les regards
-Les mêmes qu'il y a dix ans-
Elle était allée s'asseoir
Et regarder passer le temps.
Défilé de compliments, de tapes sur l'épaule, de rires forcés, de petits fours, de coiffures arrangées, de "tu n'as pas changé", de rictus froids, de chuchotements, de valses à trois, de raisonnements,de synopsis de vie, de "promis je t'écris"...
Contre cela, elle eut le réflexe le plus absurde, le plus stupide, le plus puéril...
Se souvenir, bon gré mal gré, des promesses d'un chanteur démodé.
Pire que démodé.
"On s'était dit rendez vous dans dix ans: Même jour, même heure, mêmes pommes."
(ça les avait tous fait rire, y a dix ans, de se le jurer).
Le monde la fatiguait.
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02 mai 2008
Jour de Plus
Beauté du Jour de Plus
Miracle du Lendemain
Aujourd'hui suit le talus
Zigzaguant des jours sans fin.
Une odeur de barbecue
Dans les allées fleuries
Du soleil en arrière-goût
Sur les lèvres des plus jolies.
Des poêtes sur les bancs
Des amoureux, et des enfants,
Des fenêtres ouvertes sur cour
Des chambres avec vue sur l'amour
L'eau qui ruissèle dans les fontaines
Un vrai bouquet de floraison
Les rires qui fusent et se trainent
Au pas des gens en gros blousons.
Miracle d'aujourd'hui
Dans la ville ahurie
Miracle du monde qui danse
Et des gens qui avancent sans défense.
C'est beau comme un coucher de soleil
De se croire vivant par dessus tout
C'est bon comme une poignée de groseille
De se sentir respirer l'air le plus doux.
Beauté du jour de Plus
Où l'on se dit:
J'ai réussi.
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