31 mai 2008
Chant du violon
Froissement
Léger,
Infime,
Pas plus violent
Qu' une légère
Brise
Caresse
Douce
et leste
D'un archer
Sur un fil
Léger
Mélodie
Des si mineurs
Qui se trempent les pieds
Dans l'eau claire
De la
Douceur
Eraflure
C'est le violon qui saigne
Quand chante l'écorchure
Sang, eau, vin
Armures:
C'est le violon qui pleure
Derrière nos murmures.
Effilé
Le fil sur lequel
Marcher.
Danse langoureuse
Et sensuelle
Celle d'un baton
Qui caresse une ficelle.
Délice.
22:00 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
26 mai 2008
Deux battements
-Prend le yukulélé, on va danser!!
-C'est que...Je sais pas jouer...
-Qu'est-ce qu'on s'en fout!
Allez!
23:47 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Un battement
-C'est fort.
-Tu trouves?
-Ouais.
-Merci.
-Non, je veux dire, c'est fort, c'est trop fort. Baisse.
-Ah.
J'
ai
...
simplement
cru...
-Non, non c'est fort, c'est tout. baisse.
23:31 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
24 mai 2008
Pluie-gomme
-Il pleut, ça n'arrête pas.
-On s'en fout. On est sous le toit.
-Oui, mais non.
-Il pleut, tu ne vois pas?
-Je m'en fous. Toi et moi, on est là où il ne pleuvra pas.
-Non, non, vraiment, il pleut;
Je n'en peux plus
Quand il pleut
C'est comme de la soude
Qui tombe sur mes cheveux.
-Pourtant rien ne tombe sur nous. Maintenant, chut, et bois.
-Je ne bois pas de cette eau là.
J'ai peur qu'il pleuve
Encore une fois
Encore une heure
Je ne pourrai pas.
La pluie m'angoisse
La pluie m'étrangle
Et me transperce
De transparence.
Tu vois, je transparais.
-Tais-toi.
Elle s'efface, dans le bleu-artifice de la pièce sèche.
13:51 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
22 mai 2008
Dig deeply
Héroïne d'un soir
Ou de toute une vie.
Creuse, creuse, dans la lueur d'espoir
Cachée sous la tombe.
Elle enterre
Et se tait
Et digère
Toutes les plaies.
Creuse, creuse, mains grises, yeux clairs
Creuse et recrache les relans d'hier.
C'est le moment
De tout laisser derrière
De donner à la terre
Toutes les gifles perdues.
Creuse, creuse
Immole, détruis,
creuse
et oublie.
Catharsis d'un soir sans lune
Elle enterre ses heures sombres...
Sans rancune.
02:37 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
20 mai 2008
Redîtes moi des choses tendres
L'air de rien,
Elle s'est retournée vers lui et a lancé:
Le coeur a ses raisons
Que toi tu ne connais pas.
Oui mais je m'incline chaque jour devant toi
Je m'incline sans que jamais tu ne le voies,
Oui mais moi j'ai au coeur cette flamme sans éclat
Mais qui brûle de ne pas t'avoir près de moi.
Parlons d'amour! Parlons d'amour!
Et même si c'est pour la millième fois!
Parlons des rêves qui s'extasient dans la fosse de l'oubli
Des fantasmes non assouvis de six milliards d'entre nous!
Et même si ma plume ne reçoit que des mots froids
Qui ne parlent jamais de toi
Parlons d'amour, et la plume brisons-là!
Parlons de ces courbes oniriques que tu peinds à chaque fois
Parlons de cette chimèrique petite peste de passion,
Parle moi.
Car moi j'ai froid
Plus
Beaucoup plus que tu le crois.
J'ai froid dans les Limbes du Poête qui S'oublie
J'ai froid, sans la chaleur des futurs non-saisis,
André Breton n'y pourra rien,
Pour cette fois-ci.
Le miroir la fixait, sans le moindre effroi,
Le miroir
Son reflet
Seul témoin de ses ébats.
19:52 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19 mai 2008
Keep secret
Sur la place publique
Chacun son secret
Celui qu'on cache aux autres
Ou celui qu'on se cache à soi même:
Je vous ai pardonné
Je t'aime encore un peu
Je ne t'aurais pas tendu la main si tu ne m'avais pas tendu la tienne
Je suis désolée que tu ne le sois pas.
Je crois que je n'aurais pas du ouvrir cette lettre qui t'étais adressée
J'ai cherché d'autres appartements pour ne plus vivre dans le tien
J'ai quand même déchirer ta photo
Je veux un enfant
même si c'est ringard et dérangeant.
Je ne sais même pas où tu vis.
J'y repense souvent.
Je regrette de ne pas t'avoir dit mon nom
Je rêve de toi enfant
Je suis seul, au fond.
Tu ne sauras jamais que ce mot était pour toi
J'ai fait des recherches pour vous retrouver
C'est moi qui ai caché tes valises
T'es bien plus qu'une amie.
Je te déteste à présent
Je le pensais pas quand j'ai dit que t'étais pas bête.
Je n'ai souvent plus gout à rien
Je ne vais pas si bien
Je vais t'épouser
demain.
(un magnifique projet humain:
http://postsecretfrance.blogspot.com/
surtout regarder la vidéo (si vous comprenez l'anglais))
17:08 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
17 mai 2008
Rapport du 16/05/2008 (Agent Lambda 25599dx94)
Agent Lambda
Au rapport
Madame, Monsieur, ou autre,
Je viens au rapport.
Aujourd'hui, au rapport d'aujourd'hui
Des morts et de la pluie
Sur toute la cote ouest:
De la pluie des orages des brumes épaisses
Et des morts.
Des vivants aussi,
A dépousseter le littoral
Des vivants aussi
Vivant tous dans un bocal
Au rapport aujourd'hui
La vie comme hier
La vie comme toujours
Comme une mer qui se perd
Dans ses allers et retours.
Madame , Monsieur, ou autre
Des sportifs aussi aujourd'hui sur le continent
Ont battu le record qu'ils avaient déjà avant
Un chanteur, un acteur, un manant
Ont trouvé l'horreur sur un rocher coupant
Du sang, du rouge du bleu du vert
A coloré la ville de son humeur sincère
Du sang, Madame et Monsieur
Oui du sang.
Aujourd"hui aussi
Des naissances
Des douceurs
Des blabla des discours racoleurs
Du sucre dans les assiettes
Du sel dans les rancoeurs.
C'est mon rapport.
Agent Lambda
Je n'y suis pour rien
C'est mon rapport
Et puis voila.
Agent Lambda 25599dx94
21:35 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
No title (no meaning)
On se serait perdu dans ces innombrables forêts
Si nous n'avions pas su
Suivre le murmure qui disait:
"Viens, viens!
Marche ou meurt
Crée ou craque."
Viens, Viens
N'aie pas peur
De suivre le son sans ampleur
Du monde qui attaque".
On se serait perdu
Si la main de l'Autre ne nous avait pas trouvés.
L'Autre, enfer paradoxal
L'Autre amoureux si fatal.
Et à la forêt de crier:
"Viens, viens,
Apporte moi de l'eau de ton corps
Pour faire pousser mes arbres
Pour faire couler ma sève
Me faire baisser les larmes".
On serait perdu si nous n'avions pas su compter
Sur le nombre incalculable
D'âmes que nous étions
A chercher
Dans le silence et le froid
Tous, sans aisance, dans la conquête de soi.
Et la forêt qui s'exclame:
"Perdez moi
Pour vous retrouvez,
Perdez-moi, videz-moi
Mangez moi
Pour vous adorer."
Alors dans l'ombre de l'ignorance où nous étions
Nous avons mangé la forêt
Branche par branche, tronc par tronc,
Sans chercher à donné sens
A l'immonde vice qui nous poussait.
14:06 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
13 mai 2008
Nina-----Portrait d'Une------
Nina lit
Assise sur un nid d'aubépines
et de fruits.
Nina croise les jambes
Dans un silence leste et bleu
L'arbre frémit quand Nina tremble
Au creux de son tronc rugueux.
Nina souffle et sourit
Son rire comme jet de pétales
Arrose l'herbe froide
natale
Qui en rougit.
Nina danse la valse du trois fois rien
Sans bouger,
juste en rêvant
Juste en lisant
des mots anciens.
Nina s'endort tout en douceur
Toute en finesse, tout en splendeur.
Nina s'endort dans la justesse
Des heures tranquilles de sa jeunesse.
23:00 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
