« 2008-03 | Page d'accueil | 2008-05 »

30 avril 2008

Couleurs passées

 

 

 

Il avait fait chaud toute la soirée

Sous le plafond du pub enfumé

 

T'étais ringarde

Dans ta robe à fleur

 

J'adorais ça. 

 

T'avais décidé

Belle et saoule

De réinventer

Mes eaux troubles.

 

T'avais écrit sur un cahier

Il était une fois un poête idiot que j'aimais

 

J'adorais ça. 

 

Un poête idiot et au long nez

Qui n'aimait que les raz-de-marée

Les tabula rasa, les mains liées

Les causes perdues et délavées. 

 

J'ai bien aimé.

 

Y avait eu cette chanson

Que tu adorais, 

Cette brochette de sons

Que l'on te regardait dévorer.

 

T'étais ringarde

Ringarde

A croquer.

 

Tu t'es assise au piano

Et tu as chanté

Des mots -bateau

Sur l'amitié.

 

T'avais froid t'as pas voulu

Te serrer contre moi

J'étais perdu.

 

T'étais ringarde

Avec la veste en tweed

Du mec du bar

Aux yeux cupides. 

 

Minuit sonné

C'était l'heure

De ma Cendrillon

Emechée.

 

T'es partie à pied joint

Dans la rue en marelle

Il ne restait dans mon coin

Qu'un rouge à lèvres pastel.

 

 

J'étais ringard

Ringard

A en pleurer. 

 

28 avril 2008

A Dieu

Tu sais quoi?

 

Je te dirai pas aurevoir.

Je pense que c'est mieux quand on croit qu'on se recroisera.

Je pense que c'est mieux quand on fait semblant de pas voir;

Quand on ignore, quand on oublie,

Quand on sourit.

 

Je te dirai pas des conneries

Du genre tu vas me manquer je t'aime si fort

Je te dirai rien, je te regarderai pas

Je serai même pas là.

 

Je ferai comme si

T'étais encore là

Je ferai comme si

Ca me touchait pas.

 

Je sais bien faire

La fille que rien ne touche

La fille impeccable

Qui rit à pleine bouche

 

Je ferai ça encore une fois

Quand tu prendras la porte

Je ferai ce truc que tu n'aimes pas

Cette indifférence que rien n'avorte

Je te pleurerai pas.

 

 

J'ai faim

J'ai faim

De bonne santé

D'entrain

D'amitié.

 

J'ai faim

De rire

De marches infinies

De retrouvailles sucrées.

 

J'ai faim

De sommeil

De tranquilité

D'abondance

De fertilité.

 

J'ai faim

De reconnaissance

De fruits colorés

De jours d'innocence

D'encre bleutée

 

J'ai faim

De mots qui font sens

De facilité

De non-croyance

et de docilité.

 

J'ai faim

D'amour

De quelque chose à bouffer

D'incroyables retours

De dommages légers

D'histoires improbables

D'idylles sans raison

De raison sans partage

D'ignorance méritée

 

D'une plume acrobate

Qui me ferait voltiger.

 

J'ai faim.

20 avril 2008

Gouttes de pluie

Les gouttes de pluis tombent sur le bord

Des rivières paresseuses

Les gouttes tombent dans le ploc-ploc de l'eau qui dort

 Le tic-tac des coups du sort.

 

Le temps nous crochète tous à un moment

Sans appel, il nous prend, froid et distant.

Le temps nous attend

Au tournant.

 

Les gouttes de pluie pendent à tes lobes

Mademoiselle météo

Elles ravissent le silence de son bel étui

Et nous enchantent de leur bruit.

 

Plic

Ploc

Là ou ici

 

Ploc 

Ploc

Le temps s'en va

Le temps aussi. 

16 avril 2008

Conneries d'idées

« Je me dis des fois, c’est pas si mal, tout ça… ».

Il ferma le cahier crasseux pour jeter un œil dans la rue par la fenêtre. La rue, bruyante, tapageuse, la rue, débusqueuse, sa meilleure amie. Ca faisait longtemps qu’il n’avait pas fait émerger toutes ces conneries d’idées sur le papier. Faut dire qu’avec la recherche d’un travail à dignité indéterminée, les embrouilles avec la dernière femme qu’il avait aimé, et cette histoire de cafards qui voulaient pas décoller de son appartement, la vie, le temps, ces choses là, il n’avait plus eu le temps pour y repenser.

Mais certains soirs comme celui-ci s’imposaient, élus par une sorte de destinée de midinette, pour écrire, et décrire, et décharger sur un cahier le lot de choses à ne pas garder.

« Et puis…, se dit-il, et puis autant faire un saut au bar pour voir ce qui a changé. »

Au bar, rien ne changeait. La lumière opaque, toujours, tamisée, la fumée des cigares, toujours, l’herbe planquée par trois voyous de série télé, toujours cette odeur d’alcool et de fin de soirée, ça ne changeait pas. C’était bien.

Parce que c’était ce qu’il lui fallait, il entra sans douter ; et commanda son énième coca, pour pas être ivre comme tous ceux qui touchent le fond.

 

Le fond pourtant s’il ne l’avait pas touché, il pouvait au moins le sentir du bout des doigts. Le fond en dents de scie, celui qui ne pardonne pas, le fond. En cinq ans, il n’avait pas évolué d’un cheveu. En revanche, ses cheveux étaient un peu tombés.

C’était la faute de personne. Le temps, la pluie, ces jours pourris, tous ces soucis, c’est le lot de tout un chacun faut pas se biler, c’est le lot de toute une vie.

C’était la faute de personne.

 

Sa rancœur cet amateur la gardait pour lui. Tout excès de plainte était condamnable pour cet homme assez fort pour supporter toutes ces contraintes, tous ces années à prêcher le faux sans faire exprès, ces années brûlées qu’on ne retrouve plus que dans de vieux cahiers.

La vérité de ce monde, il l’avait toujours pensé, c’était que le monde en comprenait deux : ceux qui y étaient, et les autres, en marge, qui erraient, et qui pouvaient bien créer un deuxième monde tant ils étaient nombreux. C’était sa théorie, sa seule fierté, jamais exposée, jamais développée, jamais saisie, même pas brevetée.

 

Et puis le coca finalement, c’était pour les fillettes.

 

Vodka.

Métonymie

Un petit organe

Relié à cent mille autres

Par un système complexe:

Le coeur et ses apôtres.

 

Quel traitre brisera le calme paisible

Du coeur qui boum-boum dans le vide?

 

Chut! Insolente!

Le Coeur s'enflamme au moindre mouvement rapide.

 

Du satin rouge en seule membrane

Des fils bleutés loin sous la peau

Des coups d'éclair en philigrane:

Actes du grand Magicien d'Eau.

 

Toute cette machinerie

Au rythme d'un simple

Boum-boum

Boum-boum

 

Tais toi, poête fou!

Rien à chanter. la vie, c'est tout.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Elle entre dans la pièce.

Chacun de ses pas doucereux

Font fusionner des millions d'atomes entre eux.

 

C'est l'incendie. 

 

 

 

 

 

 

PLus rien ne va au sein de la vie

Cette jambe, pardi!

Le coeur s'emballe

La membrane s'embrase

Les veines rougissent

De tant de veine

Cette jupe, cette grâce!!

Folie, folie, c'est une incroyable folie

Dans ce corps gringalet

Ca circule, ça court, ça rugit: bon dieu le cerveau s'y met aussi!

Les yeux globulent la main frémit

Les poils confus sont cramoisis

Il fait chaud dans cette toile nerveuse!

 

De la fusion érotique d'une flamme et d'un nerf électrique

Naît Vulcain le feu sacré, celui qui charme comme il pique.

Le coeur brûle

Boumboum boumboum boumboum boumboum boumboum

 

Le coeur brûle.

Sur un coin de nappe

Je t'ai écrit sur le coin de la nappe que j'ai pas rangée.

C'est dans le salon, si tu veux voir.

Je t'écris mais je sais pas si je vais me publier en posant ce foutu papier sur le coin du lit.

 

T'es tellement belle quand tu dors. Et je sais pas si je veux que tu saches ce que j'écris là.

 

Quans tu liras la nappe, pas sûr que tu souriras.

La nappe où je te demande de m'épouser.

 

Je voulais le faire hier et puis j'ai déchanté.

On a trop ri, comme deux frangins, je savais pas si ce serait dans le ton.

On demande pas à sa soeur ce truc là.

Ni à sa mère.

Ni à sa pote.

J'y peux rien si t'es un peu de tout ça.

 

Je sais même pas pourquoi je t'écris pour te dire qu'il y a un mot pour toi.

Sans doute qu'en te levant t'aurais vu la nappe qu'était toujours là, t'aurais vu mon gribouillis,...et puis voilà.

 

Ca aurait suffit mais tu me connais.

Je sais pas faire ces trucs où tout est simple.

 

Ce que t'es belle quand tu dors. 

 

 

Tu vas peut-être prendre ça pour une chasse au trésor

Et dans ce cas là je devrais aller noter sur la nappe d'aller voir dans le frigo

Je mettrais sur le gigot d'hier que je te veux

Ce serait beau.

 

Non, ce serait con. Ca te ferait rire, mais ce serait con.

Je pourrais aussi te réveiller et te poser la question, tout bêtement.

 

Je sais pas trop, j'ai mis du temps à l'écrire sur la nappe.

Je me disais que tu la découperais pour la mettre en cadre, t'aimes bien faire ces trucs là.

 

Tu la montreras à tes copines qui me prendront encore pour un glandu, 

ça fait partie du jeu.

 

Et puis dans quelques mois on verra le petit poucet

Pousser.

Celui que tu m'a annoncé sans préambule, avant l'entrée.

 

Va voir la nappe, tu vas rigoler. 

11 avril 2008

A d'Autres.

Ecris moi la sonate

Dont j'ai toujours rêvée,

Envole-moi, envole-moi!

Fais-moi respirer!

 

Autres à crochet

Je me pends à votre cou

 Dans toute l'immensité

Des jours sans goût.

 

J'ai rêvé d'une abyme

Qui s'ouvrait sous mes pieds

D'une pluie, d'une larme infime

Et de mains tendues juste après.

 

J'ai confiance en l'humanité grise

Endormie sous des taffetas d'ignorance

J'ai confiance en la joie promise

Derrière chaque jour d'errance. 

 

Autres à crochet ...

 

07 avril 2008

D'autres mots qui ne se disent pas.

Le jour ondule

Au rythme de tes battements.

 

Je t'ai senti toute la journée

Palpiter dans le ciel fatigué.

 

Ton souffle nuageux

S'est posé sur le monde ce matin.

Caillot de bonheur que je tiens sous la main.

 

Le jour se cambre

Au son de ta voix assurée

Les heures passent  et se contentent de te voir respirer.

 

C'est toi qui fais tourner le monde.

 

Le jour ondule

Comme une image enfumée

Jour fade éclaboussé

Par tes sourires sans piété.

 

Il faudrait que l'on te remercie tous

Pour déposer sur le creux terrestre

Ta docilité voluptueuse

Avec laquelle tu me caresses.

 

C'est toi l'Axe du monde.

 

Le monde est calme comme une mer sans vague

Tu dors tout bas...je t'aime pour ça.

 

C'est toi la Muse de nos éclats. 

  

02 avril 2008

Fous ensemble---Imagine!

Il y a encore des confettis par terre. Ce matin c'était carnaval dans les rues du quartier.

Elle suit le chemin de paillettes colorées, vestiges d'un bonheur récent. Il souffle à son oreille...

 

 

 

Imagine there's no heaven

 

 

 

 

Il fait chaud. C'est rassurant d'avoir le soleil sur ses épaules. Chaleur printanière, qui avait fuit, et qui revient.

Et un miracle, un.

 

Certains n'y croyaient plus.

 

 

 

It's easy for you to try

No hell below us

Above us only sky

 

 

 

 

Pour une fois elle ne se sent pas vieille. Ce sang qui coule en elle, c'est bon, c'est délicieux,

c'est incroyablement ravageur et onctueux.

Ca la ravit.

 

 

 

 

Imagine all the people

Living for today

 

 

 

 

 

Plus fort la musique, plus fort!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Imagine there are no countries

 It isn’t hard to do

 Nothing to kill or die for

 No religion too

 

Elle se croit naître. Le nid est encore là, chaud, sous ses pieds,

elle naît

Tout juste.

 

 

 

 

 

Imagine no possessions

 I wonder if you can

No need for greed or hunger

A brotherhood of man

 

 

 

Elle brûle. Beauté incandescente.

Tu ries, folle alliée.

 

 

 

 

 

 

Imagine all the people

Sharing all the world

 

 

 

 

 

Ils diront peut-être qu'elle est trop rêveuse

 

 

 

You may say I'm a dreamer

 

 

 

Mais après tout, elle n'est pas la seule!

 

 

 

But I'm not the only one

 

 

 

 

Bercée de musique anesthésiante, elle espère qu'ils la rejoindront tous un jour.

 

 

 

I hope someday you'll join us

And the world will live as one

 

 

 

 

 

Fous ensemble.

Toutes les notes