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30 avril 2008
Couleurs passées
Il avait fait chaud toute la soirée
Sous le plafond du pub enfumé
T'étais ringarde
Dans ta robe à fleur
J'adorais ça.
T'avais décidé
Belle et saoule
De réinventer
Mes eaux troubles.
T'avais écrit sur un cahier
Il était une fois un poête idiot que j'aimais
J'adorais ça.
Un poête idiot et au long nez
Qui n'aimait que les raz-de-marée
Les tabula rasa, les mains liées
Les causes perdues et délavées.
J'ai bien aimé.
Y avait eu cette chanson
Que tu adorais,
Cette brochette de sons
Que l'on te regardait dévorer.
T'étais ringarde
Ringarde
A croquer.
Tu t'es assise au piano
Et tu as chanté
Des mots -bateau
Sur l'amitié.
T'avais froid t'as pas voulu
Te serrer contre moi
J'étais perdu.
T'étais ringarde
Avec la veste en tweed
Du mec du bar
Aux yeux cupides.
Minuit sonné
C'était l'heure
De ma Cendrillon
Emechée.
T'es partie à pied joint
Dans la rue en marelle
Il ne restait dans mon coin
Qu'un rouge à lèvres pastel.
J'étais ringard
Ringard
A en pleurer.
22:43 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
28 avril 2008
A Dieu
Tu sais quoi?
Je te dirai pas aurevoir.
Je pense que c'est mieux quand on croit qu'on se recroisera.
Je pense que c'est mieux quand on fait semblant de pas voir;
Quand on ignore, quand on oublie,
Quand on sourit.
Je te dirai pas des conneries
Du genre tu vas me manquer je t'aime si fort
Je te dirai rien, je te regarderai pas
Je serai même pas là.
Je ferai comme si
T'étais encore là
Je ferai comme si
Ca me touchait pas.
Je sais bien faire
La fille que rien ne touche
La fille impeccable
Qui rit à pleine bouche
Je ferai ça encore une fois
Quand tu prendras la porte
Je ferai ce truc que tu n'aimes pas
Cette indifférence que rien n'avorte
Je te pleurerai pas.
13:10 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
J'ai faim
J'ai faim
De bonne santé
D'entrain
D'amitié.
J'ai faim
De rire
De marches infinies
De retrouvailles sucrées.
J'ai faim
De sommeil
De tranquilité
D'abondance
De fertilité.
J'ai faim
De reconnaissance
De fruits colorés
De jours d'innocence
D'encre bleutée
J'ai faim
De mots qui font sens
De facilité
De non-croyance
et de docilité.
J'ai faim
D'amour
De quelque chose à bouffer
D'incroyables retours
De dommages légers
D'histoires improbables
D'idylles sans raison
De raison sans partage
D'ignorance méritée
D'une plume acrobate
Qui me ferait voltiger.
J'ai faim.
12:51 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
20 avril 2008
Gouttes de pluie
Les gouttes de pluis tombent sur le bord
Des rivières paresseuses
Les gouttes tombent dans le ploc-ploc de l'eau qui dort
Le tic-tac des coups du sort.
Le temps nous crochète tous à un moment
Sans appel, il nous prend, froid et distant.
Le temps nous attend
Au tournant.
Les gouttes de pluie pendent à tes lobes
Mademoiselle météo
Elles ravissent le silence de son bel étui
Et nous enchantent de leur bruit.
Plic
Ploc
Là ou ici
Ploc
Ploc
Le temps s'en va
Le temps aussi.
19:15 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
16 avril 2008
Conneries d'idées
« Je me dis des fois, c’est pas si mal, tout ça… ».
Il ferma le cahier crasseux pour jeter un œil dans la rue par la fenêtre. La rue, bruyante, tapageuse, la rue, débusqueuse, sa meilleure amie. Ca faisait longtemps qu’il n’avait pas fait émerger toutes ces conneries d’idées sur le papier. Faut dire qu’avec la recherche d’un travail à dignité indéterminée, les embrouilles avec la dernière femme qu’il avait aimé, et cette histoire de cafards qui voulaient pas décoller de son appartement, la vie, le temps, ces choses là, il n’avait plus eu le temps pour y repenser.
Mais certains soirs comme celui-ci s’imposaient, élus par une sorte de destinée de midinette, pour écrire, et décrire, et décharger sur un cahier le lot de choses à ne pas garder.
« Et puis…, se dit-il, et puis autant faire un saut au bar pour voir ce qui a changé. »
Au bar, rien ne changeait. La lumière opaque, toujours, tamisée, la fumée des cigares, toujours, l’herbe planquée par trois voyous de série télé, toujours cette odeur d’alcool et de fin de soirée, ça ne changeait pas. C’était bien.
Parce que c’était ce qu’il lui fallait, il entra sans douter ; et commanda son énième coca, pour pas être ivre comme tous ceux qui touchent le fond.
Le fond pourtant s’il ne l’avait pas touché, il pouvait au moins le sentir du bout des doigts. Le fond en dents de scie, celui qui ne pardonne pas, le fond. En cinq ans, il n’avait pas évolué d’un cheveu. En revanche, ses cheveux étaient un peu tombés.
C’était la faute de personne. Le temps, la pluie, ces jours pourris, tous ces soucis, c’est le lot de tout un chacun faut pas se biler, c’est le lot de toute une vie.
C’était la faute de personne.
Sa rancœur cet amateur la gardait pour lui. Tout excès de plainte était condamnable pour cet homme assez fort pour supporter toutes ces contraintes, tous ces années à prêcher le faux sans faire exprès, ces années brûlées qu’on ne retrouve plus que dans de vieux cahiers.
La vérité de ce monde, il l’avait toujours pensé, c’était que le monde en comprenait deux : ceux qui y étaient, et les autres, en marge, qui erraient, et qui pouvaient bien créer un deuxième monde tant ils étaient nombreux. C’était sa théorie, sa seule fierté, jamais exposée, jamais développée, jamais saisie, même pas brevetée.
Et puis le coca finalement, c’était pour les fillettes.
Vodka.
18:48 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
Métonymie
Un petit organe
Relié à cent mille autres
Par un système complexe:
Le coeur et ses apôtres.
Quel traitre brisera le calme paisible
Du coeur qui boum-boum dans le vide?
Chut! Insolente!
Le Coeur s'enflamme au moindre mouvement rapide.
Du satin rouge en seule membrane
Des fils bleutés loin sous la peau
Des coups d'éclair en philigrane:
Actes du grand Magicien d'Eau.
Toute cette machinerie
Au rythme d'un simple
Boum-boum
Boum-boum
Tais toi, poête fou!
Rien à chanter. la vie, c'est tout.
Elle entre dans la pièce.
Chacun de ses pas doucereux
Font fusionner des millions d'atomes entre eux.
C'est l'incendie.
PLus rien ne va au sein de la vie
Cette jambe, pardi!
Le coeur s'emballe
La membrane s'embrase
Les veines rougissent
De tant de veine
Cette jupe, cette grâce!!
Folie, folie, c'est une incroyable folie
Dans ce corps gringalet
Ca circule, ça court, ça rugit: bon dieu le cerveau s'y met aussi!
Les yeux globulent la main frémit
Les poils confus sont cramoisis
Il fait chaud dans cette toile nerveuse!
De la fusion érotique d'une flamme et d'un nerf électrique
Naît Vulcain le feu sacré, celui qui charme comme il pique.
Le coeur brûle
Boumboum boumboum boumboum boumboum boumboum
Le coeur brûle.
02:04 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Sur un coin de nappe
Je t'ai écrit sur le coin de la nappe que j'ai pas rangée.
C'est dans le salon, si tu veux voir.
Je t'écris mais je sais pas si je vais me publier en posant ce foutu papier sur le coin du lit.
T'es tellement belle quand tu dors. Et je sais pas si je veux que tu saches ce que j'écris là.
Quans tu liras la nappe, pas sûr que tu souriras.
La nappe où je te demande de m'épouser.
Je voulais le faire hier et puis j'ai déchanté.
On a trop ri, comme deux frangins, je savais pas si ce serait dans le ton.
On demande pas à sa soeur ce truc là.
Ni à sa mère.
Ni à sa pote.
J'y peux rien si t'es un peu de tout ça.
Je sais même pas pourquoi je t'écris pour te dire qu'il y a un mot pour toi.
Sans doute qu'en te levant t'aurais vu la nappe qu'était toujours là, t'aurais vu mon gribouillis,...et puis voilà.
Ca aurait suffit mais tu me connais.
Je sais pas faire ces trucs où tout est simple.
Ce que t'es belle quand tu dors.
Tu vas peut-être prendre ça pour une chasse au trésor
Et dans ce cas là je devrais aller noter sur la nappe d'aller voir dans le frigo
Je mettrais sur le gigot d'hier que je te veux
Ce serait beau.
Non, ce serait con. Ca te ferait rire, mais ce serait con.
Je pourrais aussi te réveiller et te poser la question, tout bêtement.
Je sais pas trop, j'ai mis du temps à l'écrire sur la nappe.
Je me disais que tu la découperais pour la mettre en cadre, t'aimes bien faire ces trucs là.
Tu la montreras à tes copines qui me prendront encore pour un glandu,
ça fait partie du jeu.
Et puis dans quelques mois on verra le petit poucet
Pousser.
Celui que tu m'a annoncé sans préambule, avant l'entrée.
Va voir la nappe, tu vas rigoler.
01:20 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
11 avril 2008
A d'Autres.
Ecris moi la sonate
Dont j'ai toujours rêvée,
Envole-moi, envole-moi!
Fais-moi respirer!
Autres à crochet
Je me pends à votre cou
Dans toute l'immensité
Des jours sans goût.
J'ai rêvé d'une abyme
Qui s'ouvrait sous mes pieds
D'une pluie, d'une larme infime
Et de mains tendues juste après.
J'ai confiance en l'humanité grise
Endormie sous des taffetas d'ignorance
J'ai confiance en la joie promise
Derrière chaque jour d'errance.
Autres à crochet ...
13:07 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
07 avril 2008
D'autres mots qui ne se disent pas.
Le jour ondule
Au rythme de tes battements.
Je t'ai senti toute la journée
Palpiter dans le ciel fatigué.
Ton souffle nuageux
S'est posé sur le monde ce matin.
Caillot de bonheur que je tiens sous la main.
Le jour se cambre
Au son de ta voix assurée
Les heures passent et se contentent de te voir respirer.
C'est toi qui fais tourner le monde.
Le jour ondule
Comme une image enfumée
Jour fade éclaboussé
Par tes sourires sans piété.
Il faudrait que l'on te remercie tous
Pour déposer sur le creux terrestre
Ta docilité voluptueuse
Avec laquelle tu me caresses.
C'est toi l'Axe du monde.
Le monde est calme comme une mer sans vague
Tu dors tout bas...je t'aime pour ça.
C'est toi la Muse de nos éclats.
23:16 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02 avril 2008
Fous ensemble---Imagine!
Il y a encore des confettis par terre. Ce matin c'était carnaval dans les rues du quartier.
Elle suit le chemin de paillettes colorées, vestiges d'un bonheur récent. Il souffle à son oreille...
Imagine there's no heaven
Il fait chaud. C'est rassurant d'avoir le soleil sur ses épaules. Chaleur printanière, qui avait fuit, et qui revient.
Et un miracle, un.
Certains n'y croyaient plus.
It's easy for you to try
No hell below us
Above us only sky
Pour une fois elle ne se sent pas vieille. Ce sang qui coule en elle, c'est bon, c'est délicieux,
c'est incroyablement ravageur et onctueux.
Ca la ravit.
Imagine all the people
Living for today
Plus fort la musique, plus fort!
Imagine there are no countries
It isn’t hard to do
Nothing to kill or die for
No religion too
Elle se croit naître. Le nid est encore là, chaud, sous ses pieds,
elle naît
Tout juste.
Imagine no possessions
I wonder if you can
No need for greed or hunger
A brotherhood of man
Elle brûle. Beauté incandescente.
Tu ries, folle alliée.
Imagine all the people
Sharing all the world
Ils diront peut-être qu'elle est trop rêveuse
You may say I'm a dreamer
Mais après tout, elle n'est pas la seule!
But I'm not the only one
Bercée de musique anesthésiante, elle espère qu'ils la rejoindront tous un jour.
I hope someday you'll join us
And the world will live as one
Fous ensemble.
23:15 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
