« Nous n'irons pas plus loin | Page d'accueil | Fous ensemble---Imagine! »

01 avril 2008

Paris-Brest

Elle regardait la mer d'un oeil exacerbé.

Elle n'avait jamais aimé la mer pour ce qu'elle était. Cette vase, ce vert-terre, l'écume des va-et-vient des vagues, les vomissements des marées, elle les méprisait.

Elle aimait la mer pour ce que cela la faisait rêver quand elle en était loin.

Les beaux jours, les amours d'été à bouffer des gauffres au nutella, les pieds dans l'eau...

A l'époque on pouvait bien oublier l'odeur de sous-marin rouillé.

Aujourd'hui, elle était là face à l'esquif, et elle en frémissait.

Il fallait fuir, sans doute;

L'air de la mer, tout ça, les promenades dominicales au son des mouettes, elle n'en pouvait plus.

 

Elle regrettait Paris.

Paris, de l'époque où elle était déjà une ville-putain. Paris aguicheuse, qu'elle voulait fuir, Paris qui vous donne le teint gris.

Putain ce qu'elle aimait Paris,et pas la mer.

La belle erreur, de vouloir vivre près de l'air.

 

Face à Poséidon ronflont et éructant, elle désirait comme un jeune amant la plus vieille des villes sales.

Commentaires

A mon tour de dire encore Nini! J'aime bien ce clair obscur inversé, l'ombre rayonnante et la lumière glauque. Plus rien n'a de sens. Quel bonheur. Et c'est vrai qu'il y a dans les entrailles des villes un fond d'énergie sans lequel la surface ne survivrait pas bien longtemps. A +

Ecrit par : Rémy | 01 avril 2008

très beau bravo ni2.
bisous.

Ecrit par : if6 | 15 avril 2008

Ecrire un commentaire