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24 février 2008

Sweet Sun day

Dimanche clair comme un pan de la lune

Sans éclair sans rage sans rancune

A jeter ses mains dans la pâte sucrée

Et laisser pour demain les notes salées.

 

Dimanche rirophage sans richesse de plus

Qu'un bout de chemin, un petit talus

Sur lequel on ne marche qu'un peu

Mais où l'on se promène surtout, les yeux dans les yeux.

  

21 février 2008

Aux précieux ridicules

Je voudrais rire de ces pseudo savants

Savamment ridicules

Qui tapissent nos visages de leurs proverbes assassins,

Maximes muettes, qui disent tout, et surtout rien.

 

Ces philantropes, misanthropes, philosophes

Au défi pathétique de bien écraser autrui

Ces âmes sans pitié, sans profondeur, pleines de cloques

Qui éradiquent autour d'elles toute trace de justesse.

 

Je voudrais rire de ces narrateurs à omni-ellipse

Qui voient dans leurs bavures coupées de silence

L'empreinte remarquable d'un génie foudroyant.

 

Malheureusement, je ne ris pas.

Je pleure de vous que je n'aime pas.

Je voudrais rire, être cynique

Mettre à nu vos coups bas.

 

S'il faut en rire, attendez moi. 

16 février 2008

Il y en a qui

Il y en a qui

Vous passent à côté de la vie

Comme un point de côté

Avec un rictus trop osé

Qui vous déchire l'envie;

 

Il y en a qui

Font de vos joues des tissus à fouetter

De vos ombres des cafards à tuer

De votre amour tout un monde à mépriser. 

 

En silence sans bruit

Ceux qui décoivent et puis tant pis

Ceux que l'on aime:

Nos ennemis.

 

Il y en a qui

N'ont pas peur

de nous perdre, ouvrent nos journaux 

Avec un rire moqueur

 

Il y en a qui

Vous font croire que tout est aisé

Puis vous laissent au fond du puit

Sans regretter.

 

Il faut s'y habituer. 

04 février 2008

Complainte de la Plume

Je n'existe pour personne

Au sein de bouquets de battements

Je n'existe qu'à l'heure creuse

Où le monde s'effondre en baillements.

La gamme a trop de notes

L'archer trop de poids

La phrase m'écrase la phrase dénote

J'écris le mot mais il se noie.

Stupeur de la plume qui fond

En larmes sur le papier

Et l'encre coule comme la pluie

Qui tam-tam sur le bord de l'orée.

Effrayante nuit où tout s'achève

Voyage sans but et sans lendemain

Lettres idiotes sans une sève

Pour raviver des mots-témoins.

Je n'existe pour personne

Que pour la gomme qui m'efface

Et me grifonne me griffe me vole

Mes si petits éclairs de grâce.

03 février 2008

Urban tells 2

La pipe géante

Encercle les portails rouillés.

Il fume, il fume, il vante

Dans la ville hantée.

 

Les silhouettes piétinent

Et embrasse les feux des réverbères

Légèreté sous couleur d'épine

Dans leur regards éphémères.

 

Le poête dans la rue

Cherche matière à s'émouvoir

Mais ne trouve que poussière et détritus

Que restes, lambeaux de mémoire.

 

Les photographes épient l'asphalte

La boulangère palpe et enfante le pain

De ceux qui n'ont jamais faim

Le fleuriste effleure la fin

Des fleurs fanent et personne n'en prend soin.

 

C'est la ville que l'on voit

Derrière cet écran d'étouffement

Cette grisaille environnante

Ce soupir languissant

Cette voix métallique en contre bas de la montagne. 

 

Sieste et paix pour ceux qui croient encore

Lanterne allumée le soir sur les relans de rancoeur

Ici c'est le théâtre du tous les jours

De l'abandon, de la friture. 

De l'ignorance en fine panure.

 

Et le ciel informe les bienheureux

Qu'un jour de plus s'en est allé

Un jour de moins disent les miséreux

Un jour encore, pensent les damnés. 

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