29 novembre 2007

la perte de l'Autre

Des bûches de notre feu ne restera que la braise.

Et il ne faudra rien dire.

De l'espoir, des rires, des jours heureux

Il faudra se remettre

Sans bruit, sans larme, sans haine.

 

Tomber, tomber

Fall

Cadere

Toujours remonter un petit peu après

Mais jamais vraiment.

 

Tomber

Sans pleurer

En voyant les gravillons

Sur nos paumes ensanglantées.

 

Il faudra tirer le rideau sur le grand théâtre du Nous pour toujours

Il faudra faire semblant que rien n'est perdu

Que perdre l'autre c'est se retrouver soi 

Il faudra sourire

Et être beau

Et faire rêver.

 

Mais pourtant, la perte de l'Autre...

La perte de l'Autre. 

28 novembre 2007

La danseuse

Le corps se cambre

Les tendons raidissent

Les muscles s'étendent

 

Sur sa nuque une goutte d'eau s'est lancée

Dans l'interminable Grand Saut

Elle caresse cette peau en noir et blanc

Sublime la lumière qui dort sur ses hanches.

 

Le pied se plie les mains aussi

Le regard vibre sur les notes

d'un pianiste consencieux.

 

Son front est lisse elle est muette

Mais son corps est bavard à jamais

Ses joues sont roses et son squelette

Dessine dans l'air d'heureuses arabesques. 

Froid d'hiver

pas de neige mais il fait froid.

 

Hiver, quand nos manteaux ne nous réchauffent pas.

Je garde au coeur et à l'esprit que tout n'est pas perdu

Car ces jours-ci ont surtout besoin des couleurs de l'espoir

 

Je garde au corps cette rancoeur des journées noires

Pas de neige mais j'ai froid

No man's land enterrés sous le silence

Où il ne fait pas bon vivre. 

 

J'irais bien à mon tour danser devant un mur que l'on détruit

J'irais bien chanter moi aussi la liberté retrouvée

J'irais bien aider, moi aussi, ceux qui en ont toujours plus besoin que moi...

 

Mais j'ai froid. 

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