08 mai 2008

Nous n'irons pas plus loin--1ère latence--

Le jour se lève

Le jour se couche

Sur cette silhouette 

Que rien ne touche.

 

J'ai bien fait. 

 

Le désert est hostile comme les

Regards des filles.

Le désert à contre-sens

Condamne

Son ignorance. 

 

J'arrive bientôt.

Si je vais tout droit

Je serais bien tôt

Près de chez Moi. 

 

La terre l'écorche, la terre l'avale

Petit Ulysse, petit Gavroche

En pleine cavale.

 

J'y vais pour moi

Pour ne pas me perdre

Comme il le fait.

Il a tort de croire qu'il sera sauvé.

 

La Vérité est de mon côté. 

 

Il pleut il vante

Sur ceux qui se sont perdus

La terre s'éventre

Sous ses pas d'ingénu. 

 

Le vent c'est moi qui le crée

Je suis ce Dieu démiurge

Dont parle les Eclairés.

Je suis Homme par dessus toute chose

Je suis Homme, rien ne s'y oppose.

Je rentre pour ne plus avoir à chercher

Pourquoi marcher dans le monde entier

Pourquoi suivre le Sage qui se taît

Quand le silence me fait trembler. 

 

A quoi bon aimer celui

Qui ne me dit pas qui je suis

A quoi bon errer?

 

...les hommes sont les mêmes partout.

 

Partout la même pesanteur

Les mêmes yeux railleurs

Les mêmes défis sans fin

Les mêmes gestes

Les mêmes festins.

Partout la haine

Partout les rires

Partout la peine

Les mêmes satires.

 

Je suis Homme

Je sais comment

Contrer le vent.

 

Le vent le pousse

Face contre terre

Il mange du sable et tousse

Il mange du sable 

Et perd.

 

La Terre l'enterre

Et la Terre rit:

 

Pauvre de toi

Qui ne sait rien

Et qui gâche tout.

Le vent sait bien

Bien mieux que toi

Que la solitude

Rend fou. 

 

 

 

 

 

 

07 mai 2008

Nous n'irons pas plus loin III

L'eau s'étale tout autour du bateau

Le monde est plat sous ce ciel-boite.

-Tu sais où on va?

-Je crois pas.

-Pourquoi on est là? 

-Chut.

 

 

-C'est pourtant toi qu'as dit qu'on devait monter sur ce bateau. Tu m'as dit que je comprendrais plus tard. On est plus tard, non?

-Non, on est toujours aujourd'hui. 

-Je suis pas sûr que je vais te suivre sur ce coup là.  Je crois qu'en fait l'exil c'est pas pour moi. Je préfère cultiver les champs de Fleur-de-Rien, avec Mam. et J., comme avant.

 

Je sais que ça te conviens pas, c'que je te dis, mais c'est comme ça.

 

-Tu vas pas partir, c'est sûr, je te connais.

Tu vas faire trois pas en arrière puis trois pas en avant, c'est comme ça que t'avances, c'est ta danse.

 

 

 

-Non. Enfin,  je veux dire, oui , pour les trois pas en arrière.

Mais je crois pas que je reviendrai.

Tu me dis toujours tu verras mais je vois rien ça fait des mois qu'on est sur la route et je vois rien. Je voulais croire que t'étais un philosophe, un bien-pensant, un truc comme ça, j'en sais trop rien, mais non.

T'es rien qu'un frère qu'a perdu son chemin. Tu me fais croire comme ya dix ans qu'on a une route à suivre, un but, une destinée à pousuivre. Tu te fous de moi, parce qu'en vrai, c'est toi qu'a besoin de t'en persuader.

Pas de ma faute si t'as tout raté. Il me fatigue ton voyage à travers la Vie.

 

 

-Tu le penses pas.

Tu reviendras.

Tu sauras, un jour, je sais pas, peut-être dans quelques mois, tu sauras pourquoi j'ai fait tout ça.

Tu rieras d'avoir pensé que je voulais te rouler.

Tu verras la nécessité de partir colorier le Monde.

Tu sauras que Penser n'est pas un acte immonde

Qu'ils ont tort, ceux qui nous persécutent

De nous dire que la fin est plus proche pour ceux qui luttent

Que les Espoirs poussent mieux à l'intérieur des cages

Que dans les immenses terres sauvages. 

 

Tu apprendras à ton tour

A ceux qui ont les yeux bandés

Que vivre sans Savoir c'est vivre à moitié

Qu'avoir cessé d'y croire signifier s'effacer

S'annuler, se gommer, se retirer

Sur la marge glissante

Des âmes inconsistantes.

 

Tu sentiras plus tard

Mon sang ne faire qu'un tour dans le tien

Et tu chercheras mon regard

Vers les terres sans fin.

Tu reviendras.

Ce sera la clarté après le brouillard

Le calme après le blizzard.

J'ai hâte                                                                 Tellement hâte.

               Qu'on soit au moins deux à Vivre en vrai. 

 

La mer est calme comme une eau de baignoire

L'écume les baigne de doutes et de remontrances

L'écume ne leur laisse aucune chance

Pour cette fois-ci. 

 

-Pas cette fois-ci.

 

Dos tourné.

 

Lequel des deux pense vraiment

Qu'ils n'iront pas plus loin? 

 

05 mai 2008

Amie A-demi

Je t'ai revue

Sur un carré d'asphalte

Tu jonglais avec le ciel

Comme une enfant paumée.

 

T'étais belle

Quand t'avais pas

Toutes ces ficelles

Autour des bras.

 

T'étais jolie

Avant d'oublier

Ta drôle de vie

Et de pleurer.

 

Je t'ai revue

Sous un carré de soleil

Tu comptais

Les nuages pas pareil.

 

T'étais brillante

Quand t'avais pas

Cette chose collante

Au fond de toi

 

T'étais riante

Comme les enfants

Aux langue pendantes

Perchés aux bancs.

 

je te reconnais pas.